SCENE IV
LANDAIS, UN GENTILHOMME en^ronî par le fond.
LE GENTILHOMME. Une maison enfin!...
il n'y a personne. ?.. n'importe... j'entre. Je dois être encore éloigné d'Elven , et la pluie tombe à flots. Ah! voici quelqu'un. {A Landais.) Je te salue, maître.
LANDAIS. Je vous salue, messire.
LE GENTILHOMME. J'étais égaré dans la forêt; l'orage et la nuit m'ont surpris; j'ai vu ta cabane et je suis entré !
LANDAIS. Soyez le bienvenu... les gens de justice vous ont malheureusement précédé ; cependant, ils m'ont laissé un abri, profitez-en: un siège... (// se U've) Prenezle... je voudrais pouvoir donner davantage.
LE GENTILHOMME, Je ne demande rien de
plus, qu'une flaaibée d'ajoncs au foyer! {Regardant aulour de lui.) Ah! diable... tu n'en as point?...
LANDAIS. Vous le voyez...
LE GENTILHOMME. Quoi ! rien pour ranimer ce feu mourant?
LANDAIS. Rien.
LE GENTILHOMME. Cependant ta cabane est sur la lisière de la forêt.
LANDAIS. Nous autres manants, messire, nous avons froid sur la lisière des forêts, et faim à côté des champs de blé mûr.
LE GENTILHOMME, à part. AlJons, je suis tombé chez un honnête homme, à ce qu'il paraît; c'est jouer de malheur!...
Il secoue son manteau.
LANDAIS. Vos vêlements sont mouillés.
LE GENTILHOMME, entr'ouvTant son man" teau. Regarde!
LANDAIS, à part. Ciel ! le duc !
LE GENTILHOMME. Mais le moycn de les sécher sans feu !
LANDAIS. Vous en aurez !
LE GENTILHOMME, Comment?
LANDAIS , brisant un escabeau. Attendez!...
LE GENTILHOMME. Eh bien! que fais-tu donc ? tu brises tes meubles pour que je me chauffe?
LANDAIS, jetant les débris dans le feu. N'êles-vous point mon hôte?...
LE GENTILHOMME. Vive Dieu ! mon maître, voilà de la générosité ! Tu as le cœur d'un gentilhomme.
LANDAIS. Vous connaissez le proverbe breton, messire : L'étranger est un hôte envoyé par Dieu! [A part.) Oh I oui, c'est Dieu qui me l'envoie.
Le Gentilhomme s'assied sur le banc de pierre, dans la cheminée, et se chauffe.
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