ALBERT, LANDAIS
LANDAIS. Ainsi, maître, vous vous êtes décidé à quitter le couvent sans trop de regret?
ALBERT. Avec grande joie, messire.
LANDAIS, souriant. Oui; à votre âge on aime tout ce qui est nouveau; changer, c'est se mouvoir, c'est vivre! tous les lieux sont beaux d'ailleurs, nous portons en nousmêmes notre soleil!... mais plus tard!.... {Un silence. Brusquement.) Avez-vous quelque projet?
ALBERT. Aucun, mcssirc.
LANDAIS. De sorte que vous accepteriez tout emploi ?
ALBERT. Pourvu qu'il n'eût rien de honteux et qu'il pût servir à mon avancement.
LANDAIS, le regardant fixement. Seriez- VQUS ambitieux, enfant?
ALBERT. Oui, messire.
LANDAIS. Et savez-vous ce qu'il faut pour réussir?
ALBERT. Ce qu'il faut pour vivre : souffrir et attendre.
LANDAIS. Vous VOUS scntcz douc bien fort?
ALBERT. J'ai un but!
LANDAJS, lui touchant Vépaule. Vous êtes à moi, jeune homme.
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