‹ [Magasin théâtralChapitre 1297 sur 1545 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LANDAIS, GUIBÉ, TRÉGUS, MARIE, LE DUC , Dames de la cour.

LE duc. Voici la nuit, et rien ne paraît... {Axix Dames.) Vous ne sauriez croire, nobles dames, avec quelle impatience j'attends ces baladins de Provence. L'évêque de Léon, qui les a vus à la corn- de Bourgogne, en raconte des merveilles !

landais, d Guibé. Ainsi l'avant- garde de l'armée des gentilshommes est toujours campée devant la porte Saint - Similien ? {A part.) Et l'armée des bourgeois arrive demain d'Ancenis... les révoltés se trouveront ainsi entourés... {A Guibé.) C'e.st bien.

Guibé sort.

LE duc. Nous devons les avoir ce soir à notre bal masqué , le premier que l'on ait vu à la cour de Bretagne; car ce perfectionnement, c'est à moi que vous le devrez, jiobles dames, et j'aime à croire que vous y applaudirez — (5e penchant vers l'une des I)amcs.) Sous le masque, on peut tout dire et tout entendre sans être obligé de rougir... ce qui devient gênant à la longue.

landais, parcourant des papiers. 3Iessire Etienne a été vu sur l'autre rive de la Loire. — Il a réussi à m'échapper, .sans que j'aie pu découvrir qui avait protégé sa fuite. — mais qu'importe un homme, après tout?... ce ne .sera qu'un coup de plus à frapper si je triomphe ; un vainqueur de plus à subir si je succombe !

LE DUC , quittant la fenêtre avec impatience. Mais, par mon saint patron ! je ne comprends rien à ce retard de nos Piovençaux.... ils devaient être ici avant la nuit...

trégus. Ne pourrait- on envoyer à leur rencontre ?

LE duc. Ainsi ai-je voulu faire; mais les plus hardis ateliers se sont excusés, sous prétexte que les routes étaient couvertes de bandes ennemies; alors j'ai od'ert une récompense à son choix à ({ui m'apporterait nouvelle de nus danseurs ; et voyez la merveille, c'est un scribe qui s'est offert.

TRÉGUS. Qui donc?...

LE DUC Le jeune secrétaire de maître

Marie, qui est demeuré pensive jusqu'alors, tressaille hce mot.

mkmE, vivement. Albert!,..

LE DUC. C'est peut-être son nom; un visage pâle et triste.

MARIE, vivement. Et il n'a point reparu .. Ah! monseigneur, il faut envoyer à sa recherche. .. je vous en conjure...

LANDAIS, qxie le ton de Marie a frapp'i. Pourquoi donc ? Qui désire la récompense doit accepter le danger.

MARIE, Mon père!.,. {A part.) O mon Dieu!...

Elle se laisse retomber assise et les maintes jointes.

LANDAIS, à part. Mes soupçons ne m'avaient pas trompé !

On entend un bruit de pas et de voix. * Landais, Trégus, le Duc, Marie.

TRÉGUS. Voici quelqu'un, monseigneur...

MARIE, se levant. Ah!., c'est lui.

LE DUC. îMaître Albert ! sur mon âme, je le croyais mort.

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Les Mêmes, ALBERT *.

LE DUC. Eh ! arrivez donc, maître scribe!

ALBERT. Monseigneur...

LE DUC. Eh bien, les baladins?

ALBERT. Ils me suivent.

LE DUC. En vérité?... La fête va s'ouvrir tout à l'heure... préparez-vous...

MARIE, près de laquelle Albert arrive.

Ciel!

LANDAIS. Qu'ya-t-il?

MARIE. Il est blessé.

ALBERT. Non.

LE DUC, passant près des dames. Blessé!

ALBERT. Ce n'est rien ; j'ai voulu abréger la route, et, en passant près dos avant-postes ennemis, une flèche m'a effleuré.

MARIE. O mon Dieu !

LE DUC. Venez , mesdames. Trésorier, je te recommande messire Albert.

LANDAIS. Il suffit, monseigneur.

MARIE, à part, en regardant Albert. Oh! il faut que je lui parle!...

Le Duc sort par l'entrée du milieu, au fond, avec les seigneurs; Marie par la droite.

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