‹ [Magasin théâtralChapitre 1299 sur 1545 · ALBERT, MARIE · texte numérisé non relu

ALBERT, MARIE

MARIE, entrant clregardant avec précaution. C'est lui...

ALP.ERT, se dclournant. Dieu! iMarie!...

I\JAR1E. Silence... nul ne peut nous entendre ?

ALBERT. Je suis scul !

MARIE. Je vous cherchais; car tout h l'heure je n'ai \m vous parler, etpourlant je voulais me plaindre.

ALBERT. De moi?

.MARIE. Voulez-vous donc me faire mourir, Albert?

ALI'.ERT. Que voulez-vous dire, Marie?

!\L\r.iE. lime le demande, ([uand, malgré ses promesses, il expose chaque jour sa vie, connue si elle n'appartenait <[ii'à lui seul!

ALBERT. Oh! pardon, Marie, mais il le faut, vous le savez...

MARIE, vivement. Il faut que vous vniez, Albert!

ALBERT, nHcndri. Ah! je le veux... je le

PIERRE LANDAIS

veux, Dieu le sait! mais n'ai-je pas jur<5 que je deviendrais digne de vous, Marie ? Qu'iinporlent les dangers à courir s'ils nous raj)prochent?Oh! ne craignez point que j'y succombe, je sens en moi une force invincible.

MARIE. Vous ne vous exposerez plus, promettez-le-moi ; vous ne vous chargerez plus de missions périlleuses ; vous resterez ici?...

ALr.ERT. Ici? votre père m'ordonne de partir cette nuit même.

MARIE. Dieu! et où allez-vous?

ALBERT. A la cour d'Angleterre.

MARIE. Ah! vous n'irez pas...

ALBERT. Y pensez-vous, Marie?... puis-je refuser le trésorier ; repousser la fortune qui s'offre à moi, quand cette fortune est le seul espoir de notre amour? Ah! c'est que vous ne savez pas alors jusqu'à quel point vous m'êtes nécessaire ! Toute la force que les autres dépensent en ambition, en orgueil, je l'ai mise, moi, dans ma tendresse! L'éclat de la cour m'est odieux, parce qu'il me détourne de vous. Je ne comprends rien aux haines ni aux désirs de tous ces hommes qui m'entourent ; je voudrais vivre à l'écart, au fond de nos paisibles vallées, assis à vos pieds.

MARIE, émue. Albert...

ALRERT. Aussi parfois, Marie, je me sens froid jusqu'au cœur, en songeant à la fragilité de ces espérances dont je vis... Qui sait si elles doivent jamais s'accomplir?...

MARIE. Ah! ne parlez pas ainsi! nem'ôtez pas le courage en cherchant ce que sera l'avenir ; l'incertitude est l'espérance des malheureux ! Pourquoi se tourmenter d'une douleur qui n'est point encore venue, qui ne viendra point, peut-être?... 31on père, d'ailleurs, se laissera fléchir à mes prières. . .

ALBERT, Et s'il résiste?

MARIE. S'il résiste!... ne me demandez pas ce que je ferai, je ne veux point me le demander à moi-même... tout ce que je puis vous dire, Albert... c'est que je vous aime...

ALBERT, la serrant sur son cœur. Oh! Marie... Marie...

AiARiE. Laissez.... on me cherche, sans

doule... la fête doit être commencée si

l'on me trouvait ici seule avec vous...

ALBERT. Déjà me quitter?...

MARIE. Lcoulez... on vient.

ALr.ERT, allant vers le fond. Quelqu'un...

MARIE, épouvanta. Dieu! de ce côté?...

où nie cacher?...

ALBERT, montrant une "porte à gauche.

Lit...

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