SCENE IV
Les Mêmes; la porte s'ouvre, ALBERT s'élance sur la scène avec MARIE *.
LANDAIS, laissant tomber son épée. Ma fille!
MARIE. Mon père!
ETIENNE. Marie!
LANDAIS, c'est elle! mon enfant... mon enfant !
Il la presse sur sa poitrine.
ETIENNE, Sa fille! Qui donc l'a ramenée?
ALBERT. Moi.
ETIENNE. Misérable!
ALBERT. Les misérables, messire, sont ceux qui emploient la violence et la trahison contre une femme sans défense! Je partais pour ne plus revenir; j'avais déjà atteint l'autre rive de la Loire, lorsque des cris m'ont frappé... j'ai couru...
ETIENNE. Et les lâches t'ont laissé la reprendre ?
ALBERT. Non, messire; ils sont morts.
Ainsi délivré, mademoiselle Marie a voulu être reconduite à son père.
LANDAIS, saisissant la main d'Albert.
Merci, mon fils.
i ETIENNE. Ah ! j'aurais dû la suivre moimême !
j LANDAIS. Oui, mais tu ne l'as point fait, jet elle est sauvée. Béni soit Dieu ! j'ai retrouvé iïma force. — Ah! tu avais raison, messire; le seul accommodement possible entre nous déniais est celui que scellera la hache! {Courant au fondpour donner des ordres.) Qu'une partie de la garde coure à la porte de Saint- Similien.
* Étieone, Landais, Marie, Albert.
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SGENE V.
Les Mêmes, GUIBÉ, LE DUC *.
LE DUC. Il est trop tard, la ville est prise! LANDAIS. Ah !...
le DUC. Les révoltés assiègent déjà le château.
ETIENNE. Enfin nous l'emportons !
Il sort.
LANDAIS. Pas encore ; l'armée des bourgeois arrive.
le DUC , le prenant à part. L'armée des bourgeois n'existe plus !
LANDAIS. Comment!
LE DUC. Elle s'est réunie à celle des révoltés.
LANDAIS. Se peut-il !
LE DUC. Je viens d'en recevoir la nouvelle.
LANDAIS. Quoi ! ils ont abandonné leur propre cause ! Ah! j'aurais dû le prévoir!... Vous délivrerez vainement les chiens du collier ; à l'aspect du maître ils iront se replacer eux-mêmes sous le fouet.
GUIBÉ, paraissant. Un envoyé des gentilshommes demande à être présenté à monseigneur.
LE DUC. Un envoyé ! . . . Qu'il entre. . .
Tout le monde sort.
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