SCENE IX
Les MÊMES, ETIENNE, dans le fond.
LANDAIS. Qu'entends-je?... cette hésitation...
MARIE. Mon père...
LANDAIS. Pourquoi ce trouble? tu n'as point connu le chancelier. Quelque lien l'attachait-il à lui?.,.
ETIENNE , s' approchant *. Le lien qui attache un fils à son père,
ALBERT et MARIE. Ah!...
LANDAIS. Son père...
ETIENNE. 7^h ! tu ne prévoyais point cet obstacle à tes projets d'union ; en souscrivant toute à l'heure à ta perte , tu espéraisassurer à ta fille un tranquille avenir et un sûr protecteur.
ALBERT. Que dit-il?
ETIENNE. Eh bien, ton sacrifice aura et inutile, car loi-même tu as creusé entre eux, une tombe qui les séparent à jamais.... Ainsi en mourant lu laisseras ta fille seule, et le cœur brisé! Ah! je t'avais averti que ii* jour des représailles viendrait; trouves lu enfin , que je sois vengé.,.
Marie, Landai«, Etienne, Albert.
MARIE , se précipitant vers Landais. Ah! mon père !
LANDAIS, égaré. Est-ce un rêve?... Albert, fils du chancelier... cela ne peut être. Tous deux sont morts...
ETIENNE. Tu l'as cru , mais celui-ci fut sauvé par moi...
LANDAIS. Mensonge!...
ETIENNE. J'en ai la preuve!...
LANDAIS. Mensonge...
ETIENNE. La voici.
Il présente un parchemin.
ALBERT. Un acte!,..
ETIENNE. Signé des moinesqui te reçurent.
ALBERT. Ainsi... c'est la vérité...
ETIENNE. Regarde!
ALBERT, saisissant le parchemin. Et c'est là le témoignage de ma naissance, c'est là le titre qui m'assure un héritage de sang pour lequel il faudrait renoncer au bonheur... Je le refuse!
ETIENNE. Rends-moi cet acte.
ALBERT. Il m'appartient... et voilà l'usage que j'en veux faire.
Il le déchire,
ETIENNE. Malheureux l
ALBERT *. Et maintenant qu'un autre réclame votre noble nom , messire ; moi , je ne suis plus qu'un orphelin abandonné , le fils d'un mendiant. Cette épée de gentilhomme est un mensonge et je la brise ; je n'ai d'autre famille désormais que cette jeune fille et ce vieillard.. .
LANDAIS, éperdu de joie. Albert... Marie... Oh! je puis te quitter maintenaut... tu as quelqu'un qui t'aime autant que moi.
MARIE. 0 mon père... mon père...
LANDAis.Tu es vaincu, Etienne, car il ne te reste que le passé et moi j'ai l'avenir; ta race finit quand la mienne commence ; mon but est atteint, je laisse ma fille heureuse, tandis que toi, il ne te reste rien désormais à faire ici bas...
ETIENNE, luimontrant les portes du fond qui viennent de s'ouvrir , laissant voir les gentilshommes en armes, et au milieu d'eux le bourreau. Tu te trompes, Landais... j'ai encore à te voir mourir !...
Marie jette un cri et tombe évanouie Hans les bras d'Albert.
* Albert, Marie, Landai^s, Etienne.