L.\ COMTESSE, prenant des lettres
C'est le droit de pétition porté à son plus haut degré. Mais continuons. Décachetez! décachetez, prince; je vous y autorise pour la reine, que j'amuserai de leur contenu ce soir à sa toilette.
UERMANN.
Puisque j'ai la permission de savoir ce qu'on
écrit ù ma femme ..
11 brise le cache».
LA COMTESSE
Nous vous écoutons.
liEUMA.w, à part, après avoir déplié la lettre qu'il tient.
Mais celte écriture m'est connue ! elle ressemble à celle de... Oui, c'est la sienne. La lettre est peut-être signée. {Hermann tourne la feuille.) .Signée de son nom. Il est donc à Stockholm, et que peut-il écrire a la reine?
LA COMTESSE
l'rince, qui vous arrête?
uekmann.
Je commence : ( Lisant. ) « Le jeune homme qui
trace CCS lignes téméraires, dont il n'attend » pour récompense que le silence du mépris, est ») celui qui depuis deux mois, par le vent, la pluie » ou la neige, passe ses longues journées et la » moitié de SCS nuits sous les croisées de votre « palais, celui qui, indeiible dans sa volonté de » vous voir et de vous approcher, a reçu deux n coups de sabre au front de la main de vos tt garilcs, et a senti passer une fois sur sa poi- » tiiiie les pieds de vos chevaux, »
LA comtesse, « part.
Plus de doute, c'est lui ! Que d'amour et quel dévournent! '"omme il doit souffrir!
UEUMANN, à part.
Ah ! c'est ainsi qu'il achève ses éludes à Upsall Si ce n'était pas lui, pourtant!
LA comtesse.
Eprouvez-vous quelque nouvelle difficulté, prince? vous paraisse! surpris...
IIRRMANN.
D'indignation!... (^îsflnr) «Des insensés n'ont » pas craint d'élever leurs vœux sacrilèges jusqu'à » demander votre main, pardon pour eux, vous l.i » descendante de tant de rois! Moi, je n'avais » qu un espoir qu'un jour a détruit. Elle ne. scia » la femme de personne, me disais-je; ellerepor- )) tera au ciel plus éclatantes et plus pures les » deux couronnes de Christine. »
LA CO.MTESSE.
Noble jeune homme !
UEUMANN.
Vous le connaissez donc?
LA COMTESSE
Je l'ai vu plusieurs fois sur notre passage.
UERMANX.
Est-il jeune, beau, distingué?
11 est tout cela.
HERMANN, à part.
Que puis-je croire, moi qui n'ai jamais vu A\ i, frid?
CHiviSTL\N , à la Comtesse.
Jamais le prince Hermann n'a attaché aulai.. d'importance à ces sortes de lettres écrites a s.i majesté. H est inquiet.
LA COMTESSE
Eh bien ! prince, aurons-nous la fin?
HERMANN , Sortant d'une demi-rêverie et reprenant.
« Quelques jours après, vous deveniez la femme » d'un pelit prince de Danemark, ni beau, ni » jeune, dit-on; je ne l'ai jamais vu. » Je crois qu'il est question de moi dans ce passage.
LA COMTESSE
Qu'importe! poursuivez. Donnez plutôt, prince. {Elle prend la lettre des mains d'ilermann et elle lit. ) « Un long cri de douleur se fit alors cntendrL- » parmi ceux qui vous aimaient. Leurs rangs » furent tragiquement éclaircis. Les meilleurs » partirent. Je suis de ceux qui sont restés, sou- » tenus par l'espoir de vous servir encore. Par- » donnez-leur, pardonnez-moi d'avoir vécu, car » j'ai aussi un de ces projets dont rcxéculiuri de » mande tout le courage, toute l'abnégation d'un » homme. Mais j'ai dix-huit ans et je vous aime, » Wilfrid.»
HERMANN
Quel est ce projet?
Ce projet est quelque chimère.
LA COMTESSE , Ù part.
J'ai dix-huit ans et je vous aime! oh! pour(|uoi aimc-t-il une reine!
iiKRMANN, ù part.
Dans une heure, il aura la réponse à sa lellre, si toutefois c'est lui.
UN HUISSIER, annonçant La reine!
CHRISTIAN
Prince, voici la reine elle-même; exposez-lui, puisque vous l'attendiez dans celle iiilenlioii,
LA MAIW DROlTl!: ET LA MAIN GAUCHE.
vos nombreuses conlraricités maritales, et demandez-lui la sévère punition des coupables qui osent l'aimer.
Lîs portes du fond s'ouvrent. Christian se retire.
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