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SCENE VII

HKRMANN, LE BARON RAAB, LE COMTE CEDDA, LE VICO^ITE PLATEN, ÉRIC, LA REINE, LA COJITESSE.

LA UEINE.

Ou'ai-je entendu, messieurs? je ne veux pas qu'on punisse trop sévèrement ceux qui aiment nutre royale persoime. Je serais obligée de sévir contre vous le premier, prince.

ÉUIC.

Et d'exiler tous vos sujets en masse, vos ministres d'abord.

LA UEINE.

Gardez votre meilleure amabilité, comte, pour mon bal de ce soir. {A la Comlesse) Croiriezvous, comtesse, que sa seigneurie avait conçu le projet de me le faire remettre à la semaine prochaine?

LA COMTESSE

Pour que celui que monsieur le comte donne lui-mémece soir fût plus brillant.

ÉUIC.

Comtesse, je désirais ce retard dans l'intérêt de la santé de la reine. La séance qu'elle va ouvrir ce matin au sénat sera longue, peut-être fatij;aiite. La comtesse de Leuvenbourg trouveraitelle qu'un bal repose beaucoup?

LA COMTESSE

Mais oui, je le trouve.

LA REL\E

Et moi aussi.

ÉRIC

Franchement, moi aussi.

LA UEINE, s'adressant au secrétaire de la guerre.

Baron Raab, il y aura un échiquier dans une pièce tranquille, où il vous sera loisible de battre tout à votre aise son excellence l'ambassadeur turc. [Au comte Gedda, garde des sceaua;.) Soyez heureux, comte Gedda ; le célèbre Stella, le grand compositeur, tiendra le clavecin de onze heures à minuit. Je n'ai pas voulu l'entendre avant vous. Nous l'applaudirons ensemble. (Au vicomte Platen.) Je veux vous voir faire un whist, vicomte Platen, avec un vieil amiral russe dont les boulets vous connaissent. {A Hermann.) Et vous, prince, vous garderez mon manteau lorsque je janserai.

HERMANN

Enfin, j'ai un privilège!

LA REI\E

Mon cousin de Waldemar avait les mêmes droits que vous à cet honneur. Je vous ai préféré.

HERMANN , en s'inclinant.

Ce n'est qu'une concession.

LA UEINE.

Maintenant, messieurs, aux affaires! {Elle va de nouveau vers le prince.) Prince, voulez-vous m'aider à mener de front les plaisirs et les occupations? Vous, versé, comme tout haut dignitaire danois, en science héraldique, examinez, prince, si les dames de ma suite n'ont coumiis aucune erreur dans leurs costumes. Mon bal, on vous l'a déjà dit peut-être, doit olTiir l'image embaumée du blason de notre beau pays. Toute dame de ma cour qui a une (leur peinte dans ses armes, portera une semblable fleur naturelle dans sa toilette, car tel est notre bon plaisir. Allez donc, prince, pendant quchjues heures à votre maison de Rosendal, exercer votre érudition d'antiquaire et de botaniste.

IlERMAN

Votre majesté ne pense pas que mes lumières seraient de quelque utilité dans le conseil qu'elle va présider?

LA REINE

Je vous ai déjà dit, prince, ce que j'attends de votre complaisance. N'oubliez pas surtout de vous aider dans le choix des fleurs des conseils de madame Rodolphiuc, votre compatriote et votre protégée. M^^e Rodolphine est digne de l'emploi que vous avez obtenu pour elle au château de Rosendal. Ainsi, c'est convenu, je vous délègue un pouvoir absolu sur les coiffures, les nœuds, les mouches, les chaussures et les robes. La mission est délicate et je vous la confie

UERMANN.

Je l'accepte.

LA REINE

Je vous complimenterai bientôt, prince, sur la manière dont vous l'aurez remplie. A nous, messieurs.

HERMANN, sc retirant avec lenteur.

Il paraît que je suis de trop ici.

LA REINE, aux ministres.

Veuillez vous asseoir, messieurs.

HERMANN

La comtesse de Leuvenbourg va se retirer aussi, je pense.

LA REINE

Prenez place auprès de moi, comlesse.

HERMANN, à part.

Elle reste... et moi je sors... toujours d'aprèn

les statuts de Charles Xll.

llermann sort.

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