PALMER, CHRISTIAN
PALHER.
OÙ me conduisez-vous, baron Christian?
CHRISTIAN
Dans les appartements de la reine, où le comte bric m'a ordonné de vous introduire.
PALMER
Dans les appartements de la reine!
CHRISTIAN
Sa majesté vous accorde une audience particulière.
PALHER.
La reine va venir !
CHRISTIAN
Le comte Éric est allé la chercher exprès pour vous à Grimstadt.
PALHER.
Exprès pour moi, c'est fort bien ; sans cela, je n'aurais jamais pardonné à Éric de m'avoir dérangé. Mais à propos, qu'a-t-il dit aux juges, pour qu'ils m'aient relâché si facilement?
CHRISTIAN
11 leur a dit la vérité.
PALHER.
C'est une erreur de sa part, votre maître connaît trop bien le prix du temps.
CHRISTIAN
Je vous assure, monsieur le major, que les choses se sont passées comme je vous les rapporte. Vous attendiez fort tranquillement que le président eût prononcé votre sentence, qui nous était déjà connue, lorsque...
PALMER
Oui, j'attendais ce moment suprême afin de pouvoir dire à trois mille personnes ce que j'avais sur le cœur, car au bal du comte Éric ma voix a été étouffée; oui, au tribunal on m'aurait entendu. Mais, pardon, vous disiez, je crois, que ma sentence vous étaitconnue; à quoi m'avait-on condamné 7
CHRISTIAN
A mort.
PALMER
Bien fâché de vous avoir interrompu ; poursuivez. Qui est-ce qui a empêché qu'on prononçât ma sentence?
CHRISTIAN
La préseoce du vrai coupable.
PALMER
Pour si peu.
CHRISTIAN
Porté presque en triomphe par les chevaliers de la reine, il a déclaré avoir retenu l'aveu de sa faute jusqu'au moment où votre sentence lui a été connue; mais dès qu'il a su, a-t-il ajouté, qu'elle portait la peine de mort contre vous, il n'a pas voulu laisser punir un innocent.
PALMER
Comme si quelqu'un le lui demandait.
CHRISTIAN
Sa déclaration était appuyée par le témoigoage de tous les chevaliers.
PALMER
Des fous.
CHRISTIAN
Un témoin puissant, irrécusable, s'est présenti à la justice.
PALMER
Et quel est ce témoin, auquel je dois de ne pM être pendu?
CHRISTIAN
Le comte Éric lui-même.
PALMER
Décidément , il sera mon ennemi jusqu'à la tombe.
CHRISTIAN
Le comte Éric a dit, il a déclaré que le coupable ce n'était pas vous, absent du bal au moment de l'insulte , mais le jeune homme qui se dénonçait lui-même.
PALMER
Allons ! le moyen pour obtenir ce que je désirais a réussi au delà de mes espérances. Bizarre Éric! quand il ne parvient pas à me tuer, il prend sa revanche en m'empêchant de mourir, toujours pour que je ne parle pas. Vous voyez donc, baron Christian, qu'il s'agit moins de solliciter sans cess€ que d'être un peu étranglé, pour obtenir ce qu'on demande sous le gouvernement de sa majesté.
On entend du bruit.
CHRISTIAN
On se rend ici, monsieur le major; j'entendi ouvrir les portes de l'antichambre. Personne ne devant vous voir, veuillez entrer et rester dans ce cabinet jusqu'au moment de votre audience lecrète.
l'ALMER.
Soit. {Â part, en s'arrêtant.) Si pourtant c'était encore un piège! Il est bien poli.
U 8e méfie de nous.
palmer, d part.
Je n'ai pas mal fait, je crois, de promettre au comte Norberg de tout lui dire ici dans une heure, si Éric s'avisait une dernière fois de me jouer. Le comte Norberg me sait ici. {Haut.) A vos ordres, baron Christian; vous êtes né pour m'en fermer. ,
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