‹ [Magasin théâtralChapitre 1380 sur 1545 · PALMER, CHRISTIAN · texte numérisé non relu

PALMER, CHRISTIAN

PALHER.

OÙ me conduisez-vous, baron Christian?

CHRISTIAN

Dans les appartements de la reine, où le comte bric m'a ordonné de vous introduire.

PALMER

Dans les appartements de la reine!

CHRISTIAN

Sa majesté vous accorde une audience particulière.

PALHER.

La reine va venir !

CHRISTIAN

Le comte Éric est allé la chercher exprès pour vous à Grimstadt.

PALHER.

Exprès pour moi, c'est fort bien ; sans cela, je n'aurais jamais pardonné à Éric de m'avoir dérangé. Mais à propos, qu'a-t-il dit aux juges, pour qu'ils m'aient relâché si facilement?

CHRISTIAN

11 leur a dit la vérité.

PALHER.

C'est une erreur de sa part, votre maître connaît trop bien le prix du temps.

CHRISTIAN

Je vous assure, monsieur le major, que les choses se sont passées comme je vous les rapporte. Vous attendiez fort tranquillement que le président eût prononcé votre sentence, qui nous était déjà connue, lorsque...

PALMER

Oui, j'attendais ce moment suprême afin de pouvoir dire à trois mille personnes ce que j'avais sur le cœur, car au bal du comte Éric ma voix a été étouffée; oui, au tribunal on m'aurait entendu. Mais, pardon, vous disiez, je crois, que ma sentence vous étaitconnue; à quoi m'avait-on condamné 7

CHRISTIAN

A mort.

PALMER

Bien fâché de vous avoir interrompu ; poursuivez. Qui est-ce qui a empêché qu'on prononçât ma sentence?

CHRISTIAN

La préseoce du vrai coupable.

PALMER

Pour si peu.

CHRISTIAN

Porté presque en triomphe par les chevaliers de la reine, il a déclaré avoir retenu l'aveu de sa faute jusqu'au moment où votre sentence lui a été connue; mais dès qu'il a su, a-t-il ajouté, qu'elle portait la peine de mort contre vous, il n'a pas voulu laisser punir un innocent.

PALMER

Comme si quelqu'un le lui demandait.

CHRISTIAN

Sa déclaration était appuyée par le témoigoage de tous les chevaliers.

PALMER

Des fous.

CHRISTIAN

Un témoin puissant, irrécusable, s'est présenti à la justice.

PALMER

Et quel est ce témoin, auquel je dois de ne pM être pendu?

CHRISTIAN

Le comte Éric lui-même.

PALMER

Décidément , il sera mon ennemi jusqu'à la tombe.

CHRISTIAN

Le comte Éric a dit, il a déclaré que le coupable ce n'était pas vous, absent du bal au moment de l'insulte , mais le jeune homme qui se dénonçait lui-même.

PALMER

Allons ! le moyen pour obtenir ce que je désirais a réussi au delà de mes espérances. Bizarre Éric! quand il ne parvient pas à me tuer, il prend sa revanche en m'empêchant de mourir, toujours pour que je ne parle pas. Vous voyez donc, baron Christian, qu'il s'agit moins de solliciter sans cess€ que d'être un peu étranglé, pour obtenir ce qu'on demande sous le gouvernement de sa majesté.

On entend du bruit.

CHRISTIAN

On se rend ici, monsieur le major; j'entendi ouvrir les portes de l'antichambre. Personne ne devant vous voir, veuillez entrer et rester dans ce cabinet jusqu'au moment de votre audience lecrète.

l'ALMER.

Soit. {Â part, en s'arrêtant.) Si pourtant c'était encore un piège! Il est bien poli.

U 8e méfie de nous.

palmer, d part.

Je n'ai pas mal fait, je crois, de promettre au comte Norberg de tout lui dire ici dans une heure, si Éric s'avisait une dernière fois de me jouer. Le comte Norberg me sait ici. {Haut.) A vos ordres, baron Christian; vous êtes né pour m'en fermer. ,

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