Partie dans la soirée, elle est revenue ce matin de bonne heure
RODOLPHINE.
Et ne puis-je pénétrer dans cette autre pièce?
CHRISTI.AN
Impossible! la reine y est.
RODOLPHINE.
Impossible! si elle tardait à paraître, mon
Dieu !
CHRISTIAN, offrant un fauteuil à Rodolphine. Assejez-vous, madame. Vous souffrez beaucoup.
RODOLPHINE.
M'asseoirl il faut que je voie la reine tout de suite! il le faut! il le faut!... Que fait-elle donc dans cet appartement? Oh! par bonté, par pitié, monsieur, permettez-moi d'y entrer.
CHRISTIAN
Entrer dans la chambre à coucher de la reine !
RODOLPHINE.
Une femme, monsieur, peut prendre cette liberté. Laissez-moi dire à la reine, et vous serez bon. laissez-moi lui dire que c'est une femme, plus qu'une femme, une raère qui la supplie de l'entendre.
CHKISTIAN.
Personne n'a le droit de s'introduire dans cette
chambre.
RODOLPHINE, à part.
Pei^sonne! et moi qui csiiérais qu'Hermann arriverait jusqu'à ellel (Uaul.) 11 faut que je voie la reiue, pourtant.
CHRISTIAN
Patientez, calmez-vous, madame; il est dix heures et domic, la reine recevra dans peu de temps, je jien.sc.
IVODOl.l'lllM'..
Mais à onze lit'iirrs on tue tnii;i lil.s' Comment voulez-Nous que j'altendc?...
CHRISTIAN
Vous seriez la mère du condamné?
RODOLPHINE.
Vous le voyez bien... Et j'accours demander s.i grâce aux i)ieds de la reine, les lui baiser à genoux, lui demander la grâce de mon fils ! Elle me l'accordera, n'est-ce pas?... .Mon Dieu! déjà ci;i;| minutes que je pleure!... Que de temps perin! Ainsi, monsieur, il faut que j'enire; vous le comprenez. Dùeu m'en voudrait si je ne brisais pas cette porte !
CHRISTIAN
Mais, madame...
RODOLPHINE.
Ne ne me retenez pas, ou je vous maudis au nom de votre mère!
Elle entre précipitamment dans la chambre de la Reine. PALMER, dans le cabinet-
Baron Christian! baron Christian!
CHRISTIAN
Qu'a donc le major Palmer? Voyons.
Il entre dans le cabinet.
RODOLPHINE , Sort' brusquement de la chambre à coucher de la reine.
Personne! la reine est au conseil !... Mon fils mourra! [Elle tombe dans un fauteuil. Se levant.) Ah! ma douleur m'avait fait oublier une dernière espérance. Hermann a cherché à voir la reine. C'est qu'il ne revient pas, mon Dieu ! (Elle regarde la pendule qui est sur la cheminée et pose la main sur les aiguilles.) Mais ne marchez donc pas si vile!... Voici Hermann. Av*;z-vous vu la reine, Hermann, l'avez-vous vue ?
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