VITRÉ
Il se bat. Une troupe De vos arquebusiers près du marché se groupe ; Tout le peuple d'Argot en sursaut réveillé. De meurtres et de vols tout ce peuple souillé, Dès que de votre édit la voix s'est fait entendre Est venu par la ville à grands flots se répandre ! Un homme de la bande, un des leurs, juif maudit, Du poteau de justice a détaché l'édit ; L'a lu tout haut au bruit des sinistres risées. Puis, lorsque les rumeurs se furent apaisées, Sa voix devint perçante et j'ai bien retenu Ces mots qu'il a jetés : « Le moment est venu I Enfans ! Courons-lui sus au trésorier ! c'est l'heure De bàlir son gibet! qu'il soit puni! qu'il meure! Nous avons en nos mains de quoi bien nous ven-
[ger!
Vive Argot et Bohême cl Pcrrctlo Maugcrl » LANDAIS, frappé de terreur et reculant à ce nom. Elle, mon Dieu !
ROBERT
D'où vient... ce nom vous épouvante !
Une femme du peuple...
LANDAIS
Oh ! ce peuple ! il se vante!
Pcrrcttc Manger! qu'est-ce après tout? J'irai voir Celle femme!... je veux par elle tout savoir! Oh 1 je n'apprendrai rien par elle !... Allez ! qu'on Les gardes du palais,.. Non! restez! [double
MATHIEU LUC
ROBERT. I
Dans quel trouble , Ce nom vous a jeté !
LANDAIS
C'est vous, Robert, c'est vous I Qui me valez cela !
ROBERT. I
LAXDAIS.
Sans doute. Ils sont tous
Ameutés contre moi, maintenant ; et je gage
Que tantôt, lorsqu'ils ont pillé votre bagage.
C'était pour y chercher ce message maudit
Qu'à présent leur vengeance oppose à mon édit.
Prévenons-les!... Suis-moi, Vitré! qu'on avertisse
Les archers! tous les gens de guerre et de justice
Dehors tous !
Entre Brommel.
Ah! Brommel! c'est bien, seul je sufBs.
J'irai seul...
A Robert.
Vous pouvez embrasser votre flls,
Le voilà !
11 sort.
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