‹ [Magasin théâtralChapitre 1403 sur 1545 · L.\NDAIS · texte numérisé non relu

L.\NDAIS

11 faut que je l'embrasset

PERRETTE MAUGER

Oui, Landais; mais mon cœur ému profondément... Nous irons tous les deux... En lui quel changement! Dans ce cœur inflexible un prodige s'opère: Cette âme d'un tyran cachait l'âme d'un père! Je le retrouve donc... je ne suis plus pour lui La zingara maudite !

LANDAIS

Oh! non... dès aujourd'hui..»

Ma fille... dans mes bras qu'ici je la ramène! Ce palais, c'est le sien ; ces murs, c'est son domaine! Je veux, avant la fin de ce jour solennel. Entourer de rayons mon orgueil paternel! A tout ce peuple, au duc, je veux montrer ma joie! Oh! conduis-moi près d'elle, il faut que je la voie! Moi, son père! mon Dieu!

MATHIEU LUC, paraissant au fond.

Son père!

LANDAIS

Sais-tu bien Que nul bonheur ne peut se comparer au mien! Que tout en moi tressaille à la seule pensée De tenir ma Rachel sur mon cœur embrassée. Et que malavisé, vois-tu, serait celui Qui viendrait à mes bras la ravir aujourd'hui ! Quel est l'amant hardi, quel est le gentilhomme, Si beau que soit le nom dont son orgueil se nomme. Quel est celui d'eux tous, d;ins toute cette cour. Dont l'amour parlera plus haut que mon amour? Viennent tous ces rivaux ! ma tendresse est jalouse! Les devoirs de la fille avant ceux de l'épouse! Je la disputerais, fût-ce à l'amour d'un roi!

MVTHIEU LUC.

Mais j'ai votre parole, et vous m'exceptez, moi!

LANDAIS, se retournant.

Qu'est-ce?... Ah! c'est Mathieu Luc!

MATHIEU LUC, s'avançunt.

C'est moi ! voussavez, maître, Quel serment...

LANDAIS

Un serment!

M.ATHIEU LUC.

Sur le Christ...

LANDAIS, nt'gHyemmsnt.

Ah! peut-être...

MATHIEU LUC, reculant.

Peut-être!...

LANDAIS

Un jour... plus tard... nousverrons!...

M.ATHIEU LUC.

Ah! c'est bien!

Votre serment faussé me dégage du mien.

Landais tressaille.

Ces papiers délateurs et dont un seul vous tue. N'attendez pas qu'ici je vous les restitue! Quand il en sera temps ces témoins parleront. Jusque là, monseigneur, gardez à votre front Cette tache... Entre vous et moi l'abîme s'ouvre! Devant vous, monseigneur, le paysan se couvre! Avant qu'il soit long-temps peut-être, on pourra

[ voir Qui de nous en ce lieu remplit mieux son devoir. Venez, ma mère...

LANDAIS , appelant.

Holà ! que cet homme ne sorte!

Fontenaille! Vitré! qu'on garde cette porte!

PERRETTE MAUGER

Mathieu Luc! que fais-tu?

MATHIEU LUC, oux Valets.

Drôles, n'approchez pas!

PERRETTE MAUGER, à Landais.

Laissez-moi, loin d'ici je vais guider ses pas.

MATHIEU LUC, revenant, à Landais.

Au revoir, monseigneur! Il est dans cette ville Quelqu'un que vous savez, monsieur d'Estouteville, Qui n'est point en ce lieu messager de pardon l Et qui tarde à punir... Ma mère, venez donc! Il saisit Perrette Mauger par le bras et l'entraîne.

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