‹ [Magasin théâtralChapitre 1419 sur 1545 · M. BOUCHET · texte numérisé non relu

M. BOUCHET

M. Kopp.

M. CllÉRY.

ACTEURS

M. Ckf.ite.

M. ClIAItl.F^.

UN NOTAIRE Al. Lévi.

PERSONNAGES

ALBÉRlCMONÏlilLLO, justicier

LEONA , femme de Zacliarie (■^•> ans) Mme Marie Didikr

UN MÉDECIN M. Bakhif.r.

UN OFFICIER M. Loiiey.

UN PROVÉDITEUR M. Arnold.

Soldats, Assesseurs, Peuple.

La scène se passe à Florence, i lU».

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A^CIK PHEMIKH

Vieille salle de palais , laissant voir, à travers un délalirement extrême . quelques restes de son ancientio splendeur. Au fond, à gauche, fenêtre gothique à verres de nmleur, à travers laquelle on voit au loin, un corps de lof;is bien entretenu. Au milieu , la porte d'entrée ouvrant sur une galerie. A droite, une porte. Au premier plan , à gauche, une grande cheminée gothique, dans le manteau de laquelle sont un vieil escabeau et un vieux fauteuil ; à côté, une vieille table. Au second plan, une armoire. Au troisième plan, une porte. A droite, premier plan, une porte secrète conduisant dans un profond souterrain. Deuxième plan, une porte. Près de la porte secrète, une vieille tablf, vieux sièges, vieux meubles. La vétusté a rongé les pierres et les boiseries, et les toiles d'araignée menacent de tapisser cette salle froide, triste et sombre.

BRICK , à lu fenêtre.

I.c voila qui fait remplir de bois les vastes «•ours de son palais, comme hier il a fait remplir ses caves des huiles et des vins de toute la conlr.ée... Et, malgré cela, pas la moindre petite

bûche pour se chauffer. {Il grelotte.) Pas une goutte d'huile pour assaisonner les alimens dont il pourrait se nourrir, pas une goutte de \iii [tour dilater et égayer son cœur... Enfin il ne boit rien, il ne mange rien, et ma portion n'est pas plus considérable que la sienne. [Reyardanl et mettant en évidence ses jambes et ses bras.) Aussi.

M.\(.\.si> riiKAii; AI

(|u;iiid ((Il flic xoil passer d.iiis l.i rue avec ces jambes mai}i;rcj cl ees bras (U'-eharnés, on dit (|iie je ressemble à un roiitcaii à plusieurs lames.

SCfiiNE JI.

BRICK, ZACHAKIE.

/..ACIIABIB, entrnnl du fotul.

Kh bien ! qu'est-ce que tu fais la, paresseux?

BHICK.

Paresseux ? que voulez-vous que je fasse ?... Je liai pas de vaisselle à laver; je n'ai que mon lit a taire... car le vôtre... je ne sais pas où vous courbez.

ZACHAKiic, .lasseyanl à droite et réparant, avec une aii.niille, un pan de son habit.

Cela ne le regarde pas.

KUICK.

Kt (luaiid je frotte vos meubles avec mon bonnet, vous dites que j'enlève lro|i fort la poussière: et vous avez raison, car ils ne sont que cela, les pauvres centenaires : les frotter, c'est les diminuer.

ZACHAHIK.

Alors, on les sou file.

BKICK.

Oui. mais alors ils s'envolent.

/.ACIIAUIE.

Bricl», mon cher Brick, vous devenez raisonneur ; je n'aime pas cela... je finirais par avoir des soupçons

BKICK.

Vous m'avez pris pour \otie sentinelle et non pour votre domestique... domestique, c'eûjl été du luxe.

/.ACIIAKIK.

i-h bien! malheureux, tout en faisant sentinelle, tout en épiant, tout en écoutant si personne ne s'introduit chez moi pour me voler, tout en faisant cela, on cherche des idées, entends-tu? (les idées de (gagner de l'argent; on me les commiinique, je les exploite; je te fais part du profil, et le profil d'un bon serviteur, c'est d'être témoin (le la .satisfaction de son maître.

BIIK.K.

Des idées, des idées! j'ai servi un philosophe (lui pen.sait que les idées sont des corps, et pour faire des corps, il faut des .ilimeiis, il faut manger.

ZACIIAKIE.

Brick, vous êtes un gastronome, un sensuel, un •Mrcloul plein d'appétits bizarres... vous n'avez a la bouche que le mot manger.

BBICK.

C'est vrai, je n'y ai que le mot, mais la chose... 7.ACIIABIF. . enfermant dans le tiroir l'niquiUr rt le fil.

I,a 'liose est une bélise.

BRICK

lue h(^lisr?.. l'humanité ne vil «pie de ca.

/.Ac.ii \i;ii:. .se levant.

Brick, écoutez-moi; \ous oubliez nos conveit lions; je vais vous les rappeler. Il y a cinq ans. un matin, en sortant de chez mon confrère (iazamonte, je vous renconirai dans la rue, pâle, maigre et souffrant... vous me tlemaiidàtes l'aumône en avançant la main.

IlilICK.

Oui, et je me soiniirs ipie vous retirAtes la \(ître.

/ACIIAKIR.

Il ne faut jamais encourager la paresse... Vous me dites que, votre mailre le philosophe étant mort, vous étiez sans place et que vous n'aviez jias mange depuis deux jours.

BKICK.

C'était la vérité.

AACIIAKIE.

(cla me donna la plus haute opinion de voire leni|iérance; je vis que vous me conveniez, que nous nous entendrions, etje vous proposai d'entrer a mon service.

BKII.K.

•le vous demandai quels seraient mes gages.

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