‹ [Magasin théâtralChapitre 1475 sur 1545 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

HENRI, LES DEUX SICAIRES, sortant de la

porte de gauche, deuxième plan.

PREMIER SICAIRE

Dia donc, Zacharie est sorti, l'as-tu entendu?

il ne veut pas nous payer ; il n'a pas de bonne foi en affaires, et cependant si nous disions de lui tout ce que nous savons...

DEUXIÈME SICAIRE

Et si le marquis dit de nous ce qu'il sait? il l'a déjà fait peut-être, il n'est plus là ! quelle humiliation I nous être laissé battre deux contre un!

PREMIER SICAIRE

Contre un diable qui nous désarme, brise nos épées, en jette les morceaux par la fenêtre, nous lie l'un à l'autre au moyen d'une corde, et nous enferme dans ce couloir. Heureusement qu'après trois heures d'efforts, nous sommes parvenus à rompre nos liens et à ouvrir cette porte ; nous voilà libres.

DEUXIÈME SICAIRE

Libres! il nous a sans doute dénoncés à la justice, comme il nous en avait menacés, et des soldats nous attendent peut-être aux portes de cette maison.

PREMIER SICAIRE

Que devenir î

HENRI, rêvant.

Le vin, les femmes ; versez encore.

PREMIER SICAIRE

Écoute !

HENRI, rêvant.

Je bois à toi, ma belle.

PREMIER SICAIRE, apercevant le Marquis.

Il est encore là !

DEUXIÈME SICAIRE

Il dort !

PREMIER SICAIRE

Nous sommes sans armes I si nous pouvioixs nous emparer de son épée, il ne s'éveillerait plus et nous ne serions pas dénoncés ; c'est une idée, n'est-ce pas?

DEUXIÈME SICAIRE

J'avais la même.

PREMIER SICAIRE, s'ovonçant à pas de loup. Les bons esprits se rencontrent... Doucement, doucement.

HENRI, rêvant.

Un dernier baiser, ma belle, et je pars. PREMIER SICAIRE, qui s'est arrêté quand Henri a parlé.

Chut!

DEUXIÈME SICAIRE. ' '

Il dort toujours.

MAGASIJN THEATRAL.

ER siCAiRE , s'avançant.

Encore deux minutes de ce sommeil, et il est à nous.

Au moment où il se courbe pour prendre la poignée de l'épée , HENRI, s'éveillant et se levant.

Eh! qui va là?... Comment! c'est vous, mes drôles?

PREMIER siCAiRE, à genoux.

Grâce, monseigneur ; ne nous perdez pas, ne nous dénoncez pas I

HENRI

Marauds !

PREMIER SICAIRE

Nous nous repentirons, nous rentrerons dans le bon chemin.

HENRI

Vous me demandez grâce, à moi, que vous avez voulu assassiner !

PREMIER SICAIRE

Pitié ! nous avons des enfans.

Ça doit faire une belle race.

PREMIER SICAIRE

C'est Zacharie qui a profité de notre misère pour nous pousser au crime.

HENRI, à part.

Au fait, j'ai besoin d'eux, et puis, je pourrai les reprendre. [Baui.) Eh bien! écoutez : j'oublie pour cette fois ; mais on aura les yeux sur vous, et à la moindre incartade...

PREMIER SICAIRE, Se relevant avec l'autre. Brave seigneur, merci.

HENRI

Seulement, j'exige que vous alliez à l'instant à l'hôtel du justicier, ici près, pour lui dire, de la part du marquis de Rialto, de vouloir bien se rendre chez Zacharie avec ses gens.

PREMIER SICAIRE

Oui, monseigneur ; et que Dieu vous bénisse 1

HENRI

Que le diable vous emporte!

PREMIER SICAIRE

Merci encore une fois. {A part.) Ah! Zacharie, tu ne voulais pas nous payer 1

Us sortent par le fond.

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