ZACHARIE, HENRI
Henri, enveloppé deson manteau, est étendu sur le parquet sans mouvement, près de la table de gauche, sous le fauteuil.
ZACHAKiE, passant derrière la table de gauche, et allumant la chandelle.
Ah! ils ont osé lutter contre moi!... je les ai vaincus, je les tiens! je respire!... Voici la lettre de Léona, qui atteste qu'elle s'est enfuie avec un amant, avec mon beau neveu ; leur disparition s'explique tout naturellement, et grâce à cette lettre, je n'ai aucun compte à rendre à la justice. Le monde même me plaindra d'avoir été ainsi abandonné par ma femme et par mon neveu... Quant à Brick, un pauvre diable, qui s'occupera de lui, qui demandera ce qu'il est devenu? La justice a bien autre chose à faire, ma foi, que de s'intéresser au sort des faibles et des petits; elle n'a pas déjà trop de tout son temps pour protéger les puissans et les forts... Donc, tout est pour le mieux, et je puis maintenant... {Il va pour s'asseoir dans un fauteuil et aperçoit Henri.) Un homme ici ! (// lui retire son manteau.) Un cadavre!... Le marquis! Ah! je devine: mes deux sicaires l'auront pris pour Raoul ; une lutte se sera engagée, et j'aurai vaincu encore par mes lieutenans... Le proverbe a raison, un bonheur ne vient jamais seul... Oui, mais pourquoi le laisser ici? Pourquoi nel'ont-ils pas emporté ? {Ici les deux Sicaires paraissent à la porte du fond à droite ; ils n'ont rien entendu de ce qui précède, et écoutent ce qui suit.) J'aime qu'on fasse les choses complètement... je ne les paierai pas. {Les Sicaires referment la porte et disparaissent.) Mais si la justice venait à savoir... c'est un puissant, celui-ci, et lemoindre soupçon... Ah ! il n'est pas encore jour, le ciel est sombre et orageux; le fleuve n'est pas loin; j'emporterai moi-même ce cadavre... {souriant) un cadavre ! ce n'est pas un cadavre , c'est un lingot d'or de cinq cent mille ducats !
Il sort par le fond.
VVVVVV\^AIVM>MMV(VVV\«VVVMA/VVVVVVVVV\VM«^n<V\VVVVVVVVVVV^