‹ [Magasin théâtralChapitre 1512 sur 1545 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

ESBALDI, entrant précipitamment, GAIRARD.

ESBALDI.

Ah I maître !

GAIRARD, se levant brusquement.

C'est toi!

ESBALDI.

Notre messager est de retour.

GAIRARD.

Plus bas. Burdéus est là... trois portes le séparent de nous. Le messager est de retour ?...

ESBALDI.

Pâle, défait, bors d'haleine.

GAIRARD.

Que dis-tu?

ESBALDI.

Un homme aposté l'a surpris a quelque dis- ^tance du château; il a pu se sauver, mais la lettre est tombée au pouvoir de son ennemi.

GAIRARD.

Ciel!

ESBALDI.

Heureusement elle n'était pas signée.

GAIRARD.

Mais tout-à-l'heure j'ai remis à Burdéus un écrit de ma main ; en le comparant demain avec l'autre, il saura tout. Fatalité qui s'attaciie à moi ! je la perds. C'est moi qui la déshonore ! moi qui la tuel car cet homme sera son bourreau.

ESBALDI.

Maître, qu'ordonnez-vous? {Gairard le regarde sans répondre.) Suivant son usage il doit passer la nuit dans cette maison. Ce papier qu'il porte sur lui, je puis le lui reprendre.

GHRARn.

Comment?

LA FETE DES FOUS

ESBAI.DI.

t*endant son sommeil.

GAIRARD.

Et s'il se réveille? [Esbaldi porte la main à son sein et fait le mouvement de tirer un poignard.) Malheureux! sous mon toit! un hôte!

ESBALDI.

Un ennemi!

GAIRARD.

Non, non, point de sang! Écoute! il est un autre moyen. Cette nuit, pendant que Burdéus reposera ici, nous partirons tous deux pour le château de Giraond. Cet homme, ce serviteur, nous le trouverons, nous le gagnerons à prix d'or, nous reprendrons la fatale lettre, et je verrai Séraphine. Silence!

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