SCÈNE V
MARGUERITE, CANDOLAS.
CANDOLAS, s'élançant au-devant d'elle, ]\larguerite !
MARGUERITE, toute troubUe.
Vous ici ! Ah ! mon Dieu !
CAXDOLAS.
iN"e m'attendais-tu pas ?
Je croyais ne plus vous revoir.
CANDOLAS.
MaL* ce rendez-vous que tu m'as donné?
M.IUGUEKITE.
Un rendez-vous !
CANDOLAS.
Ici, à cette heure!
MARGUERITE
Ce n'est pas moi.
CANDOLAS.
Ce n'est pas toi, dis-tu? et pourtant te voilà ici!
MARGUERITE
Hélas ! depuis que nous nous sommes quittés, chez le conseiller Gairard, il y a déjà un mois, la mort a visité ma demeure.
CANDOLAS.
Votre oncle?
MARGUERITE
Celui qui vous avait élevé, le seul parent que j'avais au monde... il n'est plus!... Sans appui, abandonnée même de vous, Dieu seul pouvait me protéger : j'ai voulu me consacrer à lui, et je viens l'implorer tous les jours. Je le prie pour moi, et pour vous aussi, Candolas, pour vous qui vous êtes joué d'un attachement si sincère.
Marguerite !
MARGUERITE
Le ciel m'aidera à vous oublier.
CANDOLAS.
Ah! ne dites pas cela... ne me condamnez pas ainsi... Ce mois d'absence, je l'ai passé à vous regretter, à ne songer qu'à vous... Mais comment vous voir? j'étais blessé.
MARGUERITE, poussant un cri.
Blessé, Candolas !
CANDOLAS.
Ah ! vous m'aimez, vous m'aimez encore !
MARGUERITE
J'aurais dû vous le cacher. Maintenant que je suis seule, à qui demander conseil?
CANDOLAS.
A Dieu... oui, à Dieu qui m'entend lorsque devant lui je t'engage ma foi...
MARGUERITE
Taisez-vous, Candolas... ne faites pas de sermens que vous ne voudriez plus tenir.
CANDOLAS.
Ah! j'ai mérité peut-être que tu doutes de moi... Mais, je te le jure, c'est mon cœur qui parle, Marguerite !
J'ignorais que je vous trouverais ici... si je l'avais su, j'aurais apporté avec moi une lettre.
GASIN THÉÂTRAL.
U:io lettre !
MAUGLERITE.
rnrvcnue serrètement à mon oncle, qui devait >nus en donner connaissance... mais votre disparition l'en a empêche^... Deux heures avant sa rniiit, il me l'a remise pour vous, si je vous revoyais jamais.
CANDOLAS.
Oui l'a écrite? et que contient-elle?
MARGUERITE
Votre bonheur, Candolas, et mon malheur, à moi.
CANDOLAS.
Je ne te comprends pas, Marguerite.., Quel bonheur peut-il m'arriver, que je ne le partage avec toi? Pourquoi refuser de me l'apprendre?... Ecoute : j'ai des torts à réparer... j'ai fait couler tes pleurs, eh bien ! quel que soit ce secret, je jure encore que tu seras ma femme... libres tous deux, cette nuit même, si lu le veux, Marguerite, nous serons unis : Urbain bénira notre mariage. Va donc chercher celte lettre pour mettre mon amour à l'épreuve.
Ah ! j'ai besoin de vous croire.
CANDOLAS.
Quelqu'un !
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