‹ [Magasin théâtralChapitre 1525 sur 1545 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CANDOLAS, seul.

Il m'évite; c'est bien. Quand Marguerite se rendra ici, elle me trouvera seul. Je n'en puis douter, c'est elle qui m'a donné ce rendez-vous, qui m'a fait parvenir dans ma retraite une lettre sans signature. Que lui dirai-je après un mois d'ubsence?... que j'étais chez Burdéus la nuit du meurtre'?... que surpris en fuyant parles gens de justice, j'ai mis l'épée à la main, et que, grâce à l'obscurité, j'ai pu leur échapper, après avoir reçu une blessure au bras?... Non, non, pourquoi l'effrayer? pourquoi surtout lui apprendre des torts dont je rougis et que j'abjure?... Oui, car une vie nouvelle s'est révélée à moi; car il me semble que j'ai changé d'âme et que je ne suis plus ce même jeune homme qui n'avait pris de la destinée humaine que le côté plaisant et frivole. Urbain me l'avait annoncé qu^un avertissement d'en haut viendrait peut-être me saisir nu milieu de mes joies... et cet alertissement je l'ai reçu, quand j'avais le pied posé sur la limite qui sépare la folie du crime! Imprudent! Ah! ce sanctuaire qui reçut autrefois mes sermens, ce sanctuaire et Marguerite, voilà mon double asile! Adieu, folies de ma première jeunesse, vains et futiles plaisirs, adieu! je regrette à jamais les dépouilles d'un autre âge, moi qu'un seul jour a fait homme!... On vient!... une femme!... c'est elle!

/VV\\AVVVtAVVVVVVVVVVVVV\A/VV\AA^/\AVV\A'VVWVVVVVVVVVVVV^

Page 1