‹ [Magasin théâtralChapitre 1531 sur 1545 · SCÈNE yiii · texte numérisé non relu

SCÈNE yiii

SÉRAPHINE, CANDOLAS.

SÉRAPHINS, à voix boisse.

Restez !

CANDOLAS.

Que me voulez-vous?

SÉRAPHINS

N'avez-vous pas reçu ce matin un avis ?

CANDOLAS.

Il était de vous?

SÉRAPHINE

Vous avez cru qu'il venait d'une autre?... On ne m'avait donc pas trompée! c'était vrai !... je sais tout aujourd'hui... Cette femme, je viens de la voir, je lui ai parlé, elle doit revenir ici.

Que VOUS importe maintenant?

SÉKAPHIXE.

Ahl si pour vous chercher, j'ai bravé jusqu'à

la sainteté de ce lieu, ne romprenez-vous pas te qui m'amène?

CANDOLAS.

Jles adieux dans cette nuit fatale, mon absence volontaire, mon silence enfin, auraient pu vous apprendre que nous ne devions plus nous rencontrer.

SÉRAPHINB.

Avez-vous donc oubl ié. . ^

CANDOL.AS.

Oui, tout. Quelle espérance vous conduit ici ? qu'attèndez-vous?

SÉRAPHINS

Une promesse de retour.

CANDOLAS.

Non, mais un adieu, un dernier adieu.

SÉRAPHINE

Candolas ! (Elle le retient.) Candolas, ne me repoussez pas... ne me parlez pas avec cette froideur qui me tue... ayez pitié de moi! dites-moi que je vous reverrai, que je n'ai pas perdu votre cœur... Quoi! pas un motl... pas un regard!... Froid! glacé! Rien ne peut le toucher! tout est fini!... (5e relevant.) Mais cette rivale, tu l'aimes donc bien?

CANDOLAS.

Je l'épouse, madame.

SÉRAPHINE

Ah !... vous me bravez ainsi!

CANDOLAS.

Je l'épouse, car je l'aime... et je la respecte.

SÉRAPHINE

Prenez garde, Candolas, prenez garde l

CANDOLAS.

Qu'ai-je à craindre ?

SÉRAPHINS

Mon ressentiment... ma vengeance...

CANDOiAS.

Et un coup de poignard, peut-être?...

SÉRAPfilNE.

Qu'osez-vous diré^

CANDOLAS.

Celui qui frappa Burdéus... '

SÉRAPHINS

Malheureux !

CANfiOiASk

Ah! vous m'avez compris!

SÉRAPHINE, respirant à peine.

Écoutez : vous supposez donc, Candolas, vous supposez que je connais les meurtriers?

CANDOLAS.

Que sais-je?

SÉRAPHINE, avec une fureur croissante.

Prenez garde ! vous ai-je dit; sans les connaUre, je puis nommer quelqu'un à la justice... Je puis diriger les soupçons... Je puis désigner à la vengeance publique...

MAGASIN THÉATHAL.

CANDOLAS.

Qui donc, madame?

SÉRAPHIN B

Le rival de Burdéus, celui qui, deux heures après le meurtre, me parlait à genoux de son amour...

CANDOLAS,

Qu'entends-je ?

SÉRAPHINE

Celui qu'on a surpris aux portes du château, et qui a laissé des traces de son sang..

Ciel!

SÉRAPHIXE.

Celui qui s'est caché depuis un mois pour échapper à la justice.

CANDOLAS.

Moi! madame!

SÉRAPHINS

Toi!...

CANDOLAS.

Mais c'est affreux!... c'est affreux!

SÉRAPBINE.

Ah ! tu me vois à tes pieds, pâle, suppliante, brisée par la douleur et la jalousie, et tu me repousses avec mépris!... je te demande un mot de pitié et tu me jettes à la face cor«ne une insulte et un défi le nom de ma rivale!... ma rivale!... c'est à elle et à toi de me demander grâce I

CANDOLAS.

Vous demander grâce !

SÉRAPHINE

Dans un quart d'heure on va ra'interroger de nouveau, je n'ai qu'un mot à dire, et dussé-je me perdre, je le dirai !

CANDOLAS.

Madame !

SÉRAPHINE

Dans un quart d'heure, sauvé si je te revoisl... perdu, si tu restes avec elle!...

Elle sort dans le plus grand désordre.

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