SCÈNE X
MARGUERITE , CANDOLAS.
Marguerite !
MARGUERITE
Qu'avez-vous donc? comme vous êtes pâle!
Marguerite, si quelqu'un venait te dire : celui que tu aimes est coupable... coupable d'un crime...
MARGUERITE
Ciel!
CANDOIAS.
Si tout le monde le croyait, toi le croirais-tu?
MARGUERITE
Jamais,
CANDOLAS.
Déshonoré à tous les yeux, serait-il toujours pur aux tiens?
MARGUERITE
Toujours.
CANDOLAS.
Ah! merci I merci!,,. Eh bien! Marguerite, celui que tu aimes ainsi, il peut racheter sa vie peut-être, en te quittant, et il reste,
MARGUERITE
Ta vie !... qui la menace?... cette femme que j'ai rencontrée?...
CANDOLAS.
Tu as tout deviné, Marguerite... Cette femme, elle m'attend,,, elle compte les minutes que je passe avec toi... mais je la brave et je reste...
Gandolas !
CANDOLAS,
Dans quelques instans elle peut parler.,, elle peut, dans sa fureur jalouse, me vouer à l'infamie, à la mort!. , mais je reste! crois-tu que je t'aime, Marguerite?
MARGUERITE
Ohl oui! je n'en doute plus.
CANDOLAS,
Viens donc trouver Urbain, et que Dieu et notre amour me protègent, car je n'ai pas d'autre appui maintenant! Il faut fuir...
MARGUERITE
Il faut rester...
CANDOLAS.
Je suis perdu !
LA FÊTE DES FOUS
MARGUERITE, lui remettant une lettre.
Je te sauve !
CANDOLAS.
Que veux-tu dire?
Lis.
CANDOLAS.
La lettre adressée à ton oncle... Signée Henri de Bourbon, prince de Condé...
MARGUERITE
Ah ! je ne crains plus maintenant que tu saches la vérité... tu m'aimes!...
CANDOLAS, lisant.
« La mort a frappé une personne dont l'hon- » neur m'était aussi cher que le mien. Le temps » est venu où je puis découvrir un secret que je » n'avais confié qu'à vous seul, où je puis recon- » naître pour mon fils l'enfant que vous avez p élevé... »
MARGUERITE
Achève.
CANDOLAS, lisant.
« Avant ma prochaine arrivée , préparez-le à » cette révélation... je l'ai vu une fois, je sais » que, malgré les défauts et les emportemens de » sa jeunesse, le cœur est noble et bon, et que » l'écolier Candolas se montrera digne du nom et » du titre que je lui donnerai!...» Qu'ai-je lu? le prince de Condé! mon père!... Ah! je l'avais bien dit, je le sentais bien que j'avais du sang noble dans les veines! ah! mon père, je serai digne de vous, et je prends le ciel à témoin que tout-à-l'heure, à cette place, et avant de vous connaître, j'ai abjuré mes erreurs!... Il est arrivé à Dijon, René, Henri me l'ont dit... Il me défendra contre une accusation infâme...
C'est lui qu'il faut aller trouverd'abord... j'entends un bruit de pas... qui vient là?
Ils se retournent et regardent. René a passé derrière les piliers au fond.
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