‹ [Magasin théâtralChapitre 1538 sur 1545 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE PRESIDENT, sur les marches de la maison de ville. Un officier, el queUptes Iq/fahardici s devant Ir jeu de pfthme Çueh/ncsitbn'nu'S et femmes du peuple regardant i.ti foruL Au lever du rideau, on entend des cris coufus; .MAlliiEU BALLARD tort d« ta inaiton, à droite.

MATHIEU nALLARD, allant (hercher sa femme dans le groupe du peuple.

Eh bien, qii'est-rc donc? qu'y a-l-il ? rentrez vile, no vous exposez pns ainsi, je vais savoir ce qui se passe.

Il fait rentrer sa femme dans la maison.

LA FÊTE DES FOUS

ir, mr-sioEXT, à l'Officier.

Non : qu'ils crient encore plus fort s'ils le vrulent, U.fc^te n'aura pas lieu. Je réponds de loiU : monseigneur le prince de Condé, arrivé d'hier au soir, nous prêtera, s'il le faut, le secours de son autorité.

MATHIEU BALLARD

C'est très-bien vu, monsieur le président. Suspendons, supprimons la fôte des fous et la confrérie aussi : c'est une détestable institution : il V a long-temps que j'en ai reconnu les abus ! personne n'est à l'abri de ces drôles-là, et vousmême, monsieur le président, si vous aviez le malheur de prendre femme... mais qui vous a donc inspiré cette bonne pensée?

LE PRÉSIDENT

Nous sommes enfin sur les traces de l'assassin de Burdéus.

MATUIEU BALLARD.

Est-il possible ?

LE PRÉSIDENT

Des révélations importantes ont été faites. Après avoir bésité long-temps, dona Séraphine a donné, pour la première fois, le signalement d'un jeune homme qui avait tenté, a-l-elle dit, de s'introduire dans le château de Glmond, et vous vous rappelez qu'il y a un mois les gens de justice qui vous accompagnaient vous et le conseiller Gairard ont blessé un jeune homme qui se sauvait. Eb bien ! ce signalement se rapporte à celui d'un écolier de cette ville, que vous connaissez... Candolas...

HATBIEtJ BALLARD.

Lui! ma foi! cela ne m'éionnerait gnère; je pendrais le drôle sur un soupçon.

LE PRÉSIDENT

Ce n'est pas tout; il avait disparu depuis cette époque; on l'a aperçu hier, et quand j'ai voulu le confronter avec dona Séraphine, c'est en vain qu'on l'a cherché. On dit qu'averti à temps il a pris la fuite. Cependant des ordres avaient été donnés de ne laisser sortir personne de la ville... s'il y était encore, il pourrait peut-être échapper sous le masque, et grâce à la liberté de celte fête; j'ai fait cerner le jeu de paume...

MATUIEU BALLARD.

Eh î mais ils se révoltenl..,;éitïendez-vous ces cris ? ' ,

LE PRÉSIDENT

On saisira les plus mutins, et s'il le faut je vais moi-même...

11 se dirige a^c l'officier et le? soldats vers le jeu de paume.

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SCÈ>(E II.

Les MÊMitR, LE PRINCE DE CONDÉ, arrtranf far le fond avec qvelques Gentilshommes.

LE PRÉSIDENT, ve Voyant d'abord que les Gentilshommes.

Qui vient là? [S'mcUnant.) Monseigneur le prince de Condé!...

L'Officier et les Soldais s'inclinent et laissent passer.

LE PRINCE

Moi-même, qui viens auprès de vous porter requête contre la défense du parlement. Je ne voudrais pas que ma présence fût signalée par la violation de leurs privilèges. 11 y a quelques mois, j'ai eu la fantaisie de me faire recevoir parmi les joyeux enfans de votre ville.

LE PRÉSIDENT

Monseigneur, vous ignorez qu'un grand crime a été commis...

LE PRINCE, tristement.

Je le sais, monsieur ( A port. ) Au moment de lui ouvrir mes bras, l'enlcndre accuser d'un meurtre !... je ne puis le croire coupable.

LE PRÉSIDENT

La justice doit remplir son devoir sans se laisser effrayer par (cs clameurs... et à la laveur du désordre...

LE PRINCE

Mais celui qu'on désigne vaguement encore et sans preuves est parti, dit-on.

LE PRÉSIDENT

C'est peut-être un mensonge.

LE PRINCE

C'est plutôt la vérité, monsieur. S'il était encore à Dijon, je l'aurais vu.

LE PRÉSIDENT

Comment, monseigneur?

LE PRINCE

Il suffît, monsieur. ( A part. ) Instruit de sa, naissance, il serait venu réclamer ma protection,^ le malheureux ! ( Vn écolier masqué sort du jeu de paume, s'avance précipitamment vers lepri7ice de Condé, et lui remet une lettre, tes gardes veulent l'arrêter. ) Qu'on ne porte pas la main sur lui. ( L'écolier rentre dans le jeu de paume. Le prince lisant.) «Monseigneur, ordonnez, s'il » vous plaît, que la fête ait lieu, et qu'elle ait » pour témoin...» [Il achève de lire à voix basse) Sans signature... mais n'importe... (Au Président. ) Monsieur, je ne veux pas plus que vous mettre obstacle à la justice. Que les portes de la ville restent fermées et que personne ne puisse les franchir : que vos soldats se mêlent aux grou

pes et gardent toutes les issues de cette place.

Mais la fête aura lieu.

LK PRÉSIDEOT,

Monseigneur...

LE PRINCE

Au nom de l'autorité dont sa majesté le roi de France m'a investi, je l'ordonne. La cérémonie achevée, les masques tomberont, et si le coupable se cache parmi eux, quel qu'il soit, je ne chercherai pas à le soustraire à la vengeance des lois. ( Le Président s'incline. ) Dona Séraphine Tellez est à Dijon?

LE PRÉSmENT.

Oui, monseigneur; elle est restée à la maison de ville...

tE PRINCE.

J'y entre avec vous... prévenez tous les magistrats et les notables ; vous savez que personne ne peut se dispenser d'assister à cette fête, sous peine de se faire une querelle avec l'université... Venez, monsieur, vous me remettrez les placets. Chargé des instructions du roi, je dois examiner les griefs des habitans de chaque province... {Le Président parle bas à l'officier et aux soldats. Au Président.) N'oubliez pas de faire exécuter mes ordres.

II entre dans la maison de ville ; le Président le suit.

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