SCÈNE XVIII
GEORGES, L'ÉTRANGER, puis TOM.
L'ÉTRANGER. Enfin, mou Dieu! lu nous envoies la lumière... {A Georges, qui est resté pensif.) Par-devers l'église Saint-Pierre est une petite maison obscure, inhabitée.
GEORGES, se retournajit. Ces mots vous ont frappé!...
l'étrancer. Oui; c'est parce que c'est dans cette .sombre maison (|ne la princesse a caché, derrière la boiserie de sa chambre, un écrit qui doit révéler de grandes choses.
GEORGES. Qui vous l'a dit?...
l'étranger. La princesse mourante.
GEORGES. La princesse?...
l'étranger. Oui.
LES ORPHELINES D'ANVERS
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GEQRGES. Mais, alors, vous êtes donc?...
l'étranger, Vinterrompant. Je suis....
un homme qui a déposé l'enfant du prince dans l'asile des orphelins, qui a subi vingt ans de prison solitaire... qui a révélé au prince l'existence de sa fille, et qui veut vous accompagner maintenant à la maison mortuaire,
GEORGES. Et vous vous nommez?...
l'étranger. L'hôtelier do Mons... l'aventurier d'hier... l'homme étrange... Je n'ai pas de nom, moi , j'ai perdu le mien , que je retrouverai bientôt. . . .
GEORGES. Et je le connais, moi mon
cœur vient de le deviner....
l'étranger. Chut.... tais-toi, tais-toi.... nous n'avons pas le temps d'écouter nos transports; si la maison briiiait. ...
GEORGES, oh! venez, venez... [Il monte la scène.) Mais, avant de partir, oh! une seule de ces étreintes de l'âme. . .
l'étranger. Oui ne peut qu'affaiblir le courage.
GEORGES. Non, que le doubler.
l'étranger. Eh bien, je cède, je cède... viens, viens...
■ Il le Couvre de baisers et va se nommer.
TOM, dans la coulisse. Georges! Georges! .. . l'étranger. Quelqu'un!...
Il s'éloigne de Georges.
TOM, entrant. Ah! Georges!.... sais-tu que Berthol est à Mons !
GEORGES. Oui ; et je sais bien autre chose encore.... je sais où est la maison que j'ai tant cherchée. Et sais-tu qui va m'y conduire?
TOM. Qui donc?
GEORGES. C'est. .. c'est ce digne homme, cet ami dont on serait fier d'être le fils...
TOM. Mais expliquez-moi donc. . .
l'étranger. Le temps nous presse... partons! partons!...
GEORGES. Oh ! oui, vous avez raiso-a, car, comme vous le disiez tout à l'heure , si la maison brûlait...
l'étranger, a Amsterdam !
GEORGES et TOM. A Amsterdam!...
Ils sortent tous trois par le fond.
DANIEL seul puis TOM.
Au Jever du rideau , Daniel, vêtu comme un seigneur, pourpoint velours et or , grande fraise, costume exagéré du temps , entre en scène conduit par des pages qui le saluent et sortent; Daniel , confus , les acconipagne respectueusement à son tour , s'aperçoit de sa tévue, cherche à prendre une meilleure cont'enance et redescend gravement la scène.
DANIEL, examinant. Ce palais est d'une rare richesse... el je ne peux pas croire que j'y serai bientôt logé comme intendant et ami intime du b^ron... comte... ou marquis Berthol, gendre du prince de Nassau... Il me semble que je n'y serai jamais bien à l'aise... Il e^t vrai que, dans ce moment-ci, j'y suis bien gêné, parce que mes hautes chausses et mon pourpoint sont si étroits que je ne peux pas facilement respirer... Il
a fallu se présenter dignement au palais
Berthol a bien voulu me prêter de mon argent pour m'habiller à neuf... et j'avais si peu de temps... Enfin, je suis très-élégant, mais je n'ose pas m'asseoir...
to.\i, qui pendant la dernière phrase est entré, a observé Daniel et s'est approché de lui. Je salue maître Daniel.
DANIEL. ïom ici, au palais...
TOM. jG'est tout naturel, je suis officier des gardes du prince.
DANIEL. C'est juste.
V»AMrtAVVVVVVVVVVWA/\'V'lVVVVVVVVVVVVVvAA/««A/VWVVVVVVWVVVU«^
Une salle très-riche du palais de Guillaume de Nassau, à Amsterdam. Grand vestibule décoré au fond, qui conduit à droite et à gauche. Porte latérale à droite; sièges riches.