DIDIER, LOUISE
DIDIER. O malheureux frère ! Et dans ses i-êves de richesse, de bonheur, pas un mot, pas une pensée pour Louise ! {À part.) Et depuis huit jours, s'il est sans ressource, sans asile, que sera devenue cette pauvre femme? infortunée ! quelle aura été sa vie? Hélas ! je l'avais rêvée si heureuse et si belle ! je voulais l'entourer de tant de soins, de tendresse... Ah! Louise! Louise!
Pendant les dernières paroles de Didier, Louise a paru sur le pont.
LOUISE , sur le pont. Allons, plus d'hésiiation... Il le faut! il le faut!
DIDIER. J'ai cru entendre. ..
LOUISE. Mon Dieu! mon Dieu!
DIDIER. Oui, ce sont des gémissements, des plaintes.
LOUISE. Hélas ! j'ai épuisé toutes les souffrances, toutes les misères, et son amour me manque... et il m'abandonne...
DIDIER, oh! cette voix! cette voix!... je crois reconnaître...
LOUISE. Mon Dieu , pardonnez-moi ; ce que je vais faire est un crime... mais je ne puis supporter l'abandon de Paul,
DIDIER. De Paul, de Paul! Oh! c'est elle, c'est Louise !
LOUISE. Et toi, ma pauvre mère, toi qui es au ciel, prie pour ta fille qui va mourir.
DIDIER. Mourir ! elle ! Oh ! arrêtez ! arrêtez ?
11 s'élance vers le pont.
LOUISE. Quelqu'un!
Elle traverse le pont et s'élance. On voit un corps qui tombe dans l'eau.
DIDIER. Perdue! perdue! Ah! la sauver ou mourir avec elle ! du secours ! du secours ! ( Il s'élance sur la berge. ) Eh quoi ! personne ne m'aidera-t-il à la secourir ?
CRÈYECOEUR , paraissant debout, sur un bateau qu'il a détaché. Si, me v'ià, moi ! Didier se jette à l'eau, tandis que les autres détachent un bateau.
TOUS. Du secours ! du secours !
ôttonb "tableau.
Une mansarde*, au fond la fenêtre; sur le côté à droite la porte ; pour meubles : une commode , une table , une cbalse