SCÈNE YIII
Les Mêmes. DTOÎFR et RAGNOLET, AR TilEMISE et LOUISE , au fond.
DTnTER , S* avançant. Le procureur du roi, je le quitte à l'insiant , monsieur.
MONTORGUEIL. Charles Didier, vivant!
Louise rede-irpr'd yrè<i de son p'>rp avec Ariliôniise, tandis que Bagriolet se tient encore au fuud.
PAUL. Mon frère!
LOUISE. Paul!...
DIDIER. Ah ! vous ne vous attendiez pas nie revoir, moi que vous a\iez enferme dans ce réduit où je devais mourir I où je suis re.sié deux jours en proie à tous les supplices, à toutes les toitures. Oh ! que les hem es venaient lentement!.,. i:|)ui>épar mes cris inutiles, par les détliiremenls de la f.iim, Y sentais le froid de la mort s'( m|>arer de moi, lorsqu'un bruit de pioches ni. mil audessiisde ma lête.. .je me ranime, je re, rends courage, (Ml vient me secourir ! m'écrini-je 1 mais tout à coup le bruit cesse, j'éioiuo... un iiisiani après, une pierre tond)e sur la trappe de ma prison, puis une buire, puis une autre encore... des voix confuses arri\ eut jusqu'à mon oreille, je les entends, je les distingue, j'appelle à mon aide! efTorts superflus., , Les pierres tombaient toujours, puis un craquement épouvantable, horreur... lis abattaient la maison.
PAUL et LOUisc AUlheureuxI
mniER. iMoi, j'étais à genoux, j'avais fait Il .saciilitc de «na \i, je priais le ciddecon- S" rver la vôt:e et d'abréger mon supplice, iMscpi'iin rayon de jour arrive jusqu'à moi, l'air me trappe au visage, on prononce mon nom! une main saisit la niiciine, on m'entraîne, on me soutient, on m'emporte... c'était Bagnoiei. liagnolet qui venait me sauver.
MONTORGUEIL. liagnolel !
RAGNOl.tT, redescendant. Et ça n'a pas été bien long... sans compter que c'est vous qui m en avez fourni tous les moyeas.
MONTORGUEIL. Moi !
RAGNOI.ET. D'abord, en m'enfermant dans un pavillon dont vous gardiez la porto tandis que je sautai- par la fenêtre ; ensuite en me foin uissant un bon cabriolet (pii venait de vous conduire; au bout de cinq minuies j'étais arrivé; cinq minutes plus tard, j'avais pénétré dans la cave et nous en ressortions ensemble; au bout de cinq autres, je rentrais dans mon pavillon ; enfin j'avais mis quinze minuies pour renverser le pige d'un misérable et sauver un honnête homme.
C'est un petit quart d'heure assez bien employé; qu'en dites- vous, monsieur?
ARTiiÉMisE. Ce pauvre Bagnolet... c'est donc pour ça que lu étais si pâle?
BAGNOLET. Mais oui !
Ar.THÉMiSE. Et moi qui l'accusais !
DESROSIERS, à Paul. Mais qui doue êtesvous, monsieur î
PAUL. Un malheureux ([ue l'on contraignait à ce mari,ige, en lui pi ouH'tianl li vie de SOI) frère, (pii ne l'accomplissait que pour le sauver, et qui serait uiort après sa délivrance.
DIDIER. Bien! bien, Paul... Mais terminons avec Cet homme ! vous comprenez qu'une fois libre, j ai voulu tenir le .serment que j'avais fait sur h s mânes de mou père. Je me suis adresse à la justice, elle savait toiii votre pa se, comme elK' connaît tout votre présent ; elle sait que, trouvant trop peu pour vous d'une existence et d'un nom à lléirir, il vous a ial!udiux existences infâmes ei d«'ux noms couverts d'opprobre; car si vous êtes aujourd'hui Montorgueil, le f.<uss.iire et l'a.ssa.ssin, vous avez été autrefois assassin et voleur sous le nom de François Renaud.
TOLS. Lui ! François Renaud !
CRÈVEroEUR. François Renaud, dile.s-vons?
Ah ! merci, merci, jeune homme; vous me rendez plus que la vie... Ah 1 je le tiens donc, enûn.
LES B011F.MIENS DE PAUIS