SCENE III
Lk3 Mêmes, MONTALVAN, on Valet chargé de son bagaije.
MOHTALVArr, en habit de voija;ic.
C'est moi, c'est moi; ne vous dérangez pas. {Au Valet.) Porte cela dans ma chambre, et prépare-moi de quoi m'Iiabilk-r... va, mon garçon. {Le Valet sort a droite, Montalvan desceudla scène, et successivement il embrasse Inès, et donne la mata à Lope et rt Maurice.) Bonjour, mes amis, bonjour. {Â Lnpe.) Ta santé?... bonne? la mienne aussi... lit Incsî... un peu pâl<'...mais ce n'est rien. [A Maurice. ) Va \o&, mon j :j:;c
ami?... trcs-bieu?. •. j'en suis ravi. {Â Lope et à Maurice.] Aliçà I vous êtes toujours enchantés l'un de l'autre.
MAUUICK.
Je ne puis à cet égard, senor, que vous renou» vêler mes vifs et sincères remerciemens.
LOPK.
C'est un véritable cadeau que tu m'as fait en me donnant M. Maurice pour secrétaire.
MONTALVAN
J'en étais sûr... j'ai la main heureuse et le coup d'œil juste... Aussi, quand M. Dirken est tombé chez moi un beau matin, il y a de cela si\ mois, muni d'une lettre d'un de mes bons amis de Bruges qui me le recommandait chaudement, je me suis dit: Cela doit êire un brave jeune iionime... Et comme celte maison était depuis long-temps devenue la mienne, le jour même mon protégé y était installé.
MAUniCE.
Croyez que jamais je n'oublierai...
MONTALVAN, à Maurice.
Secrétaire du secrétaire intime, du bras droit d'un premier ministre! ... N'est-ce pas que je m'cntend.s à servir les amis de mes amis?... Mais nous ne sommes pas su grand complet ici. {A Lope.) Où est donc ta femme?... serait-elle malade?... me voici.
INfeS.
Maman ignore sans doute votre arrivée.
Nous t'avons bien regretté, il y a huit jours^ C'était sa fête.
MONTALVAN
La fête de ta femme?
LOPE, vivement.
Eh! non, d'Inès.
INfeS.
Oui, raa fête de naissance. ,. Vous nousavez fait faute.
LOPE, à Montalvan.
Comme elle est aimable!
MONTALVAN, avcc iuieniion.
Mais elle a de qui tenir, car ta femme...
LOPE
Inès était la reine du bal. mon ami !
MONfALVAN, même jeu.
Sa mère devait être bien heureuse!
LOPE
Et moi donc!
MONTALVAN, à part.
Aurais-jc deviné juste?... pauvre Paula! (iPa* n Lope, indiquant Inùs.) Dis d'jnc... et le mariage ? I.OPK, de même.
A peu prés décidé... mais c'est ud secret encore.
MONTALVAN, dc même.
J'y suis... une surprise.
MAURICE, à Montalvan, Et votre voyage? vous ne nous en parlez pas.
MONT \LVAN.
.Vs f/ '! stc. . u.i mois do péuilence bien plus
PAIILA.
que de plaisir... un «ranl riu-.is p.i m- iho,î taa rp.'pectable tante, la supérieure du couvert des Aiinonciadcs, près de Valence... Oui, mes amis, j'ai été presque au couvent.
LOPE
Au couvent!
MONTALVAN
J'ai dit presque... je ne demeurais pas avec les sœurs... mais ma moralité bien connue m'avait fait donner pour habitation une petite maison attenante à l'abbaye... et là j'ai eu tout le temps de songer aux erreurs de ce monde... Mais le déjeuner n'est pas loin, je suppose?., je ne vous ferai pas attendre... le temps de changer de pourpoint, et je vous promets un appétit de voyageur... A bientôt.
Il sort par la droite.
MADRICE, à part et inquiet.
Cette lettre qu'elle a refusé de me remettre... si c'était...
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