‹ [Magasin théâtralChapitre 292 sur 1545 · MAURICE, PAULA, INÈS · texte numérisé non relu

MAURICE, PAULA, INÈS

MAURICK, saluant- Vous m'avez fait appeler, scnora , je m'empresse de me rendre à vos ordres... ( A la vue d'Inès en pleurs. ) Mais que vois-je ? ( Regardant Paula. ) Et voui, madame, qu'avez-vous doDC 7

PAULA, lui saisLisant le bra.*.

Ce que j'ai , monsieur !... ce que j'ai I

MADBICE, à part et troublé.

Inès a parlé.

PAULA , continuant.

J'ai que ma fille vient d'être ce matin même demandée en mariage par don Francesco Rodriguez I

MAURICE

Qu'entends-je î

PACLA.

J'ai que dans deux heures mon époui aura accepté pour gendre le lils du corrégidor !... comprenez-vous 7

HACRICE, altéré.

Ah!

PACLA.

Comprenez-vous aussi qu'avant ce temps écoulé il faut que vous, monsieur, vous ayez demandé la main d'Inès à son père, et qu'il faut que vous l'ayez obtenue ?

MAVRICE, immobile.

Mon Dieu!...

PACLA.

Allons, remettez- vous, monsieur... ce mariage vous savez bien qu'il ne se fera pas, qu'il ne peut pas se faire... vous savez bien que c'est vous, vous seul qu'elle peut, qu'elle doit épouser!... {Le considérant avec étonncment. ) Ce morne silence... Mais vous ne m'avez donc pas entendue, monsieur?... faut-il vous répéter que dans deut heures mon époux aura donné sa parole... et qu'alors mon enfant n'aura plus qu'à se tuerl MAURICE, pleurant.

Oh ! malheureux que je suis

PACLA, avec l'impatience du désespoir.

Mais ce ne sont pas des larmes que je vous demande! c'est de m'aider à sauver ma fille, entendez-vous?... ma fille, que vous avez perdue:... Mais le temps s'écoule avec une etîroyable rapidité... par pitié, monsieur, ne perdez pas une minute, courez à l'instant trouver mon époux... qu'il sache que vous aimez Inès, qu'Inès vous aime, avant que votre rival ait mis le pieJ dans cette maison... Courez! Mais surtout qu'il n'ailU pas deviner votre faute, car tous deux la paierie» de la vie peut-être!.. .Allez, monsieur, il est l.i,.. près d'ici... ( Avec étonncment. ) Toujours immo bile cl muet... Mais êtes vous donc cloué à cclt place?... ou plutôt hésiteriez-vous à être honnAt homme, dites, monsieur?... Ah! ce serait abominable, savez-vous?... abominable et lâche! ( Maurice fait un mouvement. ) Oui , làche! je le

répète !

INÈS, les mains jointes.

Maurice, je t'en conjure ! sauve-moi de ce mariage :

PAULA, vivement.

Oh 1 ne le prie pas, ma fille, ne le prie pat !..

PAUL A

U y aurait bassesse à toi de descendre à la prière... C'est à moi, pauvre mère, d'en appeler à sa loyauté, à son cœur... c'est a moi de lui crier avec des larmes : Maurice, mon fils, ayez pitié de nous 1... c'est à moi de me traîner à ses pieds,.. Il n'y a pas de honte dans l'abaissement d'une mère qui prie pour son enfant !

HADHICE, accablé.

Ah! madame. . . et toi, pauvre infortunée. . . maudissez-moi... maudissez-moi, car je suis un malheureui! un infâme I... Ce mariage... ce mariage qui comblerait tous mes vœux...

PACLA.

Après?...

MACRiCB, avec effort.

Il est impossible!...

PACLA et iNfcs ensemble.

I Impossible!...

Moment de silence.

UCÈS, sanglotant.

Ah t.

PACLA.

Impossible, avez-vous dit?... {Balbntîant.)'Et pourquoi donc, monsieur? pourquoi?... MAURICE, désespéré.

Oh ! ne me le demandez pas ! ne me le demandez pas !

PAULA

C'est-à-dire quevous, qui vous êtes cru le droit de nous ravir l'honneur et la vie, vous n'accorlez pas à vos victimes celui de vous interroger, de vous forcer à répondre?... ce droit-là, nous l'avons payé assez cher pourtant!... Mais allons donc, monsieur, parlez!...

MAURICE, défaillant.

Vous le voulez...

PACLA.

Ouil

£h bien I...

Eh bien ?...

MACRICB.

VACLA.

MACRICB, chancelant.

Je suis marié !

PACLA et INÈS.

Marié t

PACLA, comme folle.

Oh! j'ai mal entendu!... mais non... il a dit marié I

INÈS, se laissant tomber mourante sur le lit de repos.

Mon Dieu!... pardonnez-lui...

PACLA , s'écriant.

Ah! TOUS avez tué ma fille!...

MAURICE

Inès!... chère Inès!...

PAULA

Ah! ne l'approchez pas, monsieur! ne l'approchez pas I

HAURICB.

Par pitié, senora !...

PACLA, penchée sur Inès, Cette p.Meur... ce regard fixe... Inès, pion enfant, parle-moi !...

MAURICE, à genoux.

Que j'entende ta voix, dût-elle me maudire! PAULA, s'adressant à Maurice , tout en secourant sa fille.

Marié!... savez-vous que c'est horrible et infâme cela?... Mais aidez-moi donc à la secourir, monsieur!... vite un flacon... Sur ce meuble... MAURICE, vivement.

Voici !...

PACLA, même jeu.

Payer par un crime l'accueil leplus généreux ! . . . Tenez, faites-lui respirer ce mouchoir... Se faire aimer d'une pauvre jeune fille, la perdre de gaieté de cœur!... Ah! voilà ses joues qui se colorent... les larmes se frayent un passage... Vous me la rendez, mon Dieu, je vous rends grâce.

INÈS, d'une voix affaiblie.

O ma mère!...

PACLA, même jeu.

Pleure, pleure, mon enfant... les larmes soulagent et consolent... Oh! remerciez le ciel, mon sieur, remerciez le ciel de ce que je ne suis qu'une femme; car si j'étais son père.je vous tuerais!... Mais que voulez-vous encore de nous?... Sortez... mais sortez donc, monsieur! vous voyez bien que votre vue nous fait mourir ! {La porte du fond s'ouvre lout-à-coup ; Lope est sur le seuil, Paula ajoute avec effroi. ) Mon mari I

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