‹ [Magasin théâtralChapitre 30 sur 1545 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

RICCARDO, MICHIELLI.

RICCARDO à Michelli qui lit à voix basse un parchemin, et qui se hâte de le cacher. Michielli! le coïinétable a obtenu du duc l'autorisation de voir le condamné.

MICHIELLI. Quoi! le duc permettra que le connétable pénètre dans les prisons du palais ducal ?

RICCARDO. Non... il ordonne que, pour cette entrevue , Gaspardo soit amené dans cette chambre qui sera fidèlement gardée.

(Il sort.)

MICHIELLI. C'est bien...

BRABANTIO, entrant de la gauche et pliant un parchemin. J'avais prévu le cas , je gagnerai les dix mille pièces d'or.

MICHIELLI, après V avoir observé. Mais n'est-ce pas encore Brabantio ?

BRABANTIO. Eh ! u'est-ce pas MichielU?

MICHIELLI. Lui-même... Te voilà sous l'uniforme des vétérans.

BRABANTIO. El toi SOUS celui des familiers.

MICHIELLI. Oui, j'en fais aujourd'hui le service au palais... et toi, que viens-tu faire «ci?

BRABANTIO. Je viens de prévenir le duc de la fameuse conspiration.

MICHIELLI. Une conspiration !

«RABANTio. Tramée parle connétable.

MICHIELLI Et comment en as-tu surpris le secret?

BRABANTIO. En fraternisant avec Ks conspirateurs.

MICHIELLI. Et qu'as-tu appris?

BRABANTIO. Qu'à la tombée du jour, au signal que donnera leconnétable en faisant sonner la cloche de Saint-Pierre... plusieurs compagnies de soldats révoltés doiv«;nt, sous la conduite du commandant, se précipiter sur la Piazza , pour y renverser l'échafaud dre.?se, tandis que les liabilans des fauboin gs se répandront par la ville en demandant la grâce de l'ac* usé

Gaspardo , qu'ils appellent le sauveur du commandant Sforce.

MICHIELLI. Et quelle a été ta récompense pour en avoir prévenu le duc?

BRABANTIO. Puis-je me fier à toi?

MICHIELLI. Gomme à un vieux camarade.

BRABANTIO. Alors, regarde... et lis.

MICHIELLI, lisant. « Je m'engage à payer » à Brabantio la somme de dix miye du- » cats, le jour et à l'heure où il me livrera » prisonnier le commandant Francesco » Sforce, rebelle à son souverain. » Diable!., et que vas-tu faire?

BRABANTIO. Tout mon possible pour gagner les dix mille pièces d'or, ..

MICHIELLI. Et tu peux l'approcher du commandant à l'aide de c*e costume?

BRABANTIO. Tout-à-l'heure je lui serrais les mains en lui jurant fidélité. Mais le temps me presse... mes confrères m'attendent, adieu.

MICHIELLI. Bonne chance, Brabantio...

BRABANTIO. Que le ciel te la rende!., adieu

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