‹ [Magasin théâtralChapitre 303 sur 1545 · IK'ÈS · texte numérisé non relu

IK'ÈS

Que vois-je?... et qu'as-tu donc, ma bonne mèreî...

PAULA, l'étreignant convulsivement.

Dans mes bras ! dans mes bras I

INÈS

Oui, toujours, toujours ainsi!

PAULA, pleurant.

Toujours, dis-tu?...

INÈS

Une fille est si bien sur le cœur de sa mère... Mais pourquoi ces larmes qui innondent ton visage?... tu sais bien que la tombe seule aura le pouvoir de bous séparer.

PAULA, pleurant.

La tombe... et ton père.

mts , vivement.

II est ici.

INÈS

Ici!... O mon Dieu!... je ne «ais pourquoi... mais j'ai peur...

PAULA, se contraignant.

Il vient te chercher... il t'emmène avec lui.

INÈS, vivement.

Ft toi?... (Baissant la voix.) Et lui?...

PADLA, effrayée, et bas.

Silence!... moi, je reste... et ne suis-je pas aussi sa mère?

INÈS , au cou de sa mère, et pleurant. Mais je ne veux pas te quitter," moi... je ne le veux [las!

PAiiLA, se détachant doucement de ses bras, et retenant mal ses larmes.

Ton père ordonne, il fautobéir... Voilà si longtemps (ju'ii est privé de les douces caresses, mon Inès... il est juste que iui aussi en ait sa part... Voyons, ne tremble pas ainsi... il ne sait rien... il t'aime toujours.

INÈS , ]ileurant dans le sein de Paula, Tu le veux... je partirai.

PAOLA , suffoquant.

Maintenant... une promesse?...

Parle...

PACLA.

Jure-moi devant Dieu... et quoi qu'il arrive I de ne jamais parler de cet enfant à ton père. INÈS, étonnée.

Je te le jure.

PAULA , dévorant ses larmes.

C'est bien ! ( Puis, en sanglotant. ) Ah 1 dans mes bras, dans mes bras encore!

Elles Su jettent aux bras l'une de l'autre. Lope reparait.

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SCEiNE VIII.

Les Mêmes, LOPE, jjuis MANUEL.

I.ope, ([ui s'est av^mcé r.ipi<l(;nienl vers Inès, la sépare de l'ailla ; son re;^ard «si sévère ; Paula pleure en silence.

LOPB, à Inès.

Ma fille!... mon Inès!... [Il l'embrasse tendrement.) Mais cet accuoil... ces larmes en me revoyant... (RrgardmH Paula.) T'aurait-on désappris à aimer ton pèrcT

l>'È3 , vivetneni.

On ! V0U8 ne le croyez pasl

LOPE, avec tendresse.

Mais regarde-moi donc... il y a si long-temps que je ne t'ai vue... ne baisse pas ainsi les yeux, mon enfant... ce n'est pas à toi de rougir ici. INÈS , à part. Que veut-il dire?

1 Elle regarde sa mère, qui, sans être vue de Lope, place un doigt sur sa bouclie.

LOPE, à voix basse, et à l'écart.

Il me faut une promesse, mon Inès...

INÈS , interdite.

Laquelle?

LOPE

Celle de ne jamais me parler de ta mère... jamais, entends-tu bien?

INÈS, à part.

Que s'est-il donc passé?

LOPE

J'attends...

INÈS, tristement.

Je vous le promets, mon père.

MANUEL, entrant par la petite porte.

Tout est prêt, senor.

Paula et Inès se regardent et vont se jeter aux bras l'une de l'autre; Lope se place entre elles, et renael Inès à lULanuel, qui l'emmène lenlemeul par le fond.

LOFE, à mi-voix, à Poula.

Rappelez-vous que la porte de ma maison vous est à jamais fermée !

JI sort.

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