‹ [Magasin théâtralChapitre 302 sur 1545 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

LOPE, PAULA

LOPB, brusquement.

Que me voulez-vous?... ce n'est pas à vous que j'ai affaire, senora... c'est votre fille qu'il me faut!... conduisez-moi près de votre fiile! PACLA , froidement.

En l'état où je vous vois, non...

LOPE

Osez-vous bien?...

PAULA, de même.

Me placer entre mon enfant et vous... oui, senor.

LOPB.

Malheureuse!...

PACLA, toujours calme.

Qui vous arrête?... frappez... si c'est du sang qu'il vous faut, versez le mien... si c'est une victime que vous voulez, prenez-moi... je vous attends, et suis résignée à tout.

LOPE

Votre fille?... où est votre fille?...

PAULA , le regardant en face.

Si vous n'avez pas perdu toute raison, dites, qu'avez-vous donc, monsieur î

LOPE

J'ai que vous m'avez trompé comme des lâches que vous êlesl... De vous cela ne m'étonne pas... mais elle! elle!... Oh! il faut que je me venge, il faut que je me fasse justice !

PAULA, avec égarement.

Sur qui?... sur ma fille?... vous avez parlé de tuer ma fille ! ( Avec force cl faisant un pas vers lui.) Oh! mais vous ne savez donc pas ce dont une mère est capable pour défendre son enfant?

LOPE

Je vais vous apprendre, moi, comment un père venge son honneur foulé aux pieds !... Arrière ! PAULA , à part.

Mon Dieu! venez en aide à une pauvre mère!

Arrière, il est temps !

PAULA , avec énergie Mais vous savez bien que tant que je serai vivante, vous ne l'approcherez pas 1

LOPE, la saisissant.

Eh bien! donc, toutes les deux!... Vous pour votre lâche complaisance, elle pour son enfant !

PAULA , subitement inspirée.

Son enfant?...

LOFE , le bras levé.

Oui, son enfant!

PAULA , tombant à genoux.

Mais, cet enfant est le mien, monsieur !.. frappez !

LOPE, prêt à frapper.

Le vôtre!... le vôtre!... [Moment de silence.) Oh ! mais non... je vous méprise trop pour vous tuer !.. . Oui, oui... cela devait être... insensé que j'étaisl... elle, mon Inès! ma fille chérie!... oh! soyez béni, mon Dieu ! soyez béni!... [Après un temps.) Quant à vous, madame... vous n'avez rien à craindre de moi... j'aurais été le bourreau de ma fille coupable, parce que je l'aime, elle!... oh ! mais, vous, je vous le répète, vous n'avez rien à craindre... je vous méprise trop pour vous tuer!

PAULA , fondant en larmes, à part.

Pardonnez-lui, mon Dieu!

LOPE

Quant à votre fille... elle n'est restée que trop long-temps près de vous... je l'emmène, et vous ne la reverrez de votre vie.

PAULA, s'écriant.

Vous m'enlevez ma fille?...

LOPB.

Si près de vous elle est restée pure... c'est que Dieu, qui a eu pitié de moi, a voulu que cela fût ainsi... Oui, madame, je l'emmène à l'instant... à l'instant-même!... Manuel! Manuel!

Tout en appelant, il a marché vers le fondi il sort ; Paula est restée anéantie ; Inès sort du pavillon.

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