SCENE VI
LOPE, MAURICE, puis MONTALVAN, MA- NUEL ei INÈS.
HACBiCK, reculant à sa vue.
Lui!... que signifie ?...
Lopc, après avoir fermri et verrouillé la fenêtre en dedans, court en faire autant à la porte du fond.
LOPB , s'avançant sur Maurice.
Cela aignifie, misérable, que j'ai trompé Manuel... que le traître Montalvan est tombé dans le piégc.cela signifie qup, pend.inl qu'il court rae chercher à l'oitrémité du j.irdin, je le tiens
ici, seul à seul, entre ces quatre murailles, d'où l'un de nous deux ne sortira pas vivant! MAiinicB.
Au nom du ciel ! écoutez-moi !
LOPE
Allons, beau séducteur!.,, l'épée hors du fourreau!
MAURICE
Plutôt la briser mille fois, que de la tourner contre vous !
LOPE, menaçant.
Es-tu donc aussi lâche qu'infâme î ,
MAUKICE, suppliant.
Oh t par pitié ! ne m'insultez pas !
LOPE , s'écriaut.
Mais je ne fais que cela depuis une heure !.. L'épée en main donc ! ., . {courant à son épée) cl à nous deuxl
MONTALVAN
A nous trois!... [Suivi d'Inès et de Manuel, il s'est jeté en scène par la petite porte de droite.) Et bas les armes !
Arrive' au fauteuil en même tfmps que Lope, il s'est cm- ■BA»ré dï- l'e'pe'e, qu'il passe à Manuel.
iNfcs , tenant Lope embrassé.
Mon père!...
MONTALVAN
Ah I c'est comme cela qwe tu fais promener les
amis!
INÈS , à Lope et suppliante.
Pitié!...
Eh bien! oui !..,oui!... je l'épargnerai!... mais laissez-moipartirl... Viens, Inès!... Allons, faites place I
MONTALVAN, lui barrant le chemin.
Non pas, s'il te plaît!
LOPE
Oh! alors!... vous répondrez devant Dieu de ce qui va se passer!... Kncore une fois, place!... MAURICE, avec calme.
Vous ne sortirez pas, senor, avant de m'avoir entendu... Libre à vous après cela de me maudir»', de me frapper de me tuer... je ne me défendr.r pas.
Lope s'arrête.
INÈS, à part, et défaillant.
Jemt meurs!
MONTALVAN, busàlnès.
Chère enfant, du courage... soyez forte... je veille sur vous.
l'enil.int ces deux répliques, Lopo , comme vaincu par Ir sang-froid de M.iurice, a descendu la scène; il gagnu ainsi la table el se lai.sse lomlier sur un siège.
LOPE, avec une rage concentrée.
Puisque me voilà votre prisonnier, puisque je suis forcé de vous entendre .. voyons, que peut avoir à mo dire M. Maurice Dirken 7...
PAULA
HAURICK.
J*ai i vous dire, senor, que j'ai commis une grande faute.
INÈS, à demi-voix.
Ah! monsieur, par grâce, par pitié !
MAURICE, conlinuant.
J'ai à vous dire encore que cette faute... que je vous supplie de me pardonner... aujourd'hui je puis et je veux la réparer.
LOPE, avec ironie, La réparer, dites-vous î
MAURICE
Oui, senor, la réparer... je suis libre!
INÈS
Libre!
MONTALVAN
C'est-à-dire veuf! .. tout ce qu'il y a de plus veuf!... puisque sa femme est morie.