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SCENE IX

CRANOU, CHARLES. EDOUARD.

CIIARLE9 , prenant le bras d'Edouard en contemplation de\?ant le cadat>re. Q'ie regardes-tu donc ?

EDOUARD. J'examine ces membres couverts de cicatrices qu'y a laissées le bâton des garde-chiourmes , et je ne peux voir sans vm sentiment de pitié les restes de cet homme qui a tant souffert pendant sa vie pour briser une chaîne dont le bout pend encore à son cadavre,

CHARLES , Ventruînant loin du lit. Eh bien, mon cher ami, fais trêve un moment à la pitié que ces restes t'inspirent, pour partager ma joie. Louise, cette charuiante sœur Louise, dont je suis fou, que je méditais d'enlever plutôt que de la laisser achever son noviciat de sœur hospitalière , elle îie prononcera pas ses vœux.

EDOUARD. Comment cela?

CHARLES. Je la demande en mariage.

EDOUARD. Mais îu m'avais dit que sa anle ne se prêtait pas à cette idée!

CHARLES. Parce que je n'avais pas le i ou!...

EDOUARD. Eh bien!

CHARLES. Eh bien , Louise sera ma ieînme.

EDOUARD. Tu as donc trouvé un îi'ésor?

CHARLES. Trouvé, c'est le mot. Vois-tu cette bienheureuse missive, ce qu'elle m'annonce?

EDOUARD. Une fortune peut-être !

CHARLES. Une forlunf vévilable : un

héritage de quatre cent mille francs par la

mort d'une tante que je ne connaissais que de nom.

EDOUARD. Quatre cent mille francs !

CRA\OU, de son lit. Je les donnerais, moi, pour être libre.

CHARLES. Je peux dire qu'ils sont d'autant mieux venus que jenelesattendaispas,

EDOUARD. Je t'en tais mon compUment bien sincère, mon cher Charles.

CHARLES. Comme nous allons èlre lieureux ! quelles bonnes et folles pai tics no's allons faire tous les trois!...

EDOUARD. Que veux-tu dire ?..

CHARLES. Ne seras-tu pas en tieis dans tous nos plaisirs?., ma bourse comme mon cœur , ma maison comme ma bourse ne te seront-ils pas ouverts? Nous resterons naturellement dans ce pays tant que le père de Louise vivra... Eh bien, tu auras ta

chambre, ton couvert chez moi Tu

acceptes, n'est-ce pas?., c'est convenu... je le veux... et dans un mois nous serons deux à dire nous le voulons.

EDOUARD. Merci... merci... mon bon Charles, je n'avais pas besoin de cette faveur du sort pour avoir une preuve nouvelle de ton anjitié. Merci; iious causerons de cela plus tard... ya conter à Louise, à sa tante, le bonheur qui vous tombe du ciel... les bonnes nouvelles ne sont jamais assez tôt connues.

, CHARLES. Ah ! oui... oui mon cher

Edouard, tu as raison... Chère Louise... elle ne voudra pas y aoire!... A bientôt... mon cher Edouard, à toujours...

Il entre du côté île la pharmacie.

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