SCENE VIII
LAUNAY, seul.
Il se promène avec agitation.
Quel peut être cet homme auquel sir
Burns s'est adressé? Les révélations
qu'il veut faire sont donc bien graves qu'il ne veut les faire que de vive voix!... et cependant j'étais seul... la nuit me protégeait... Ah! c'est ma conscience qui me fait peur !... Il est donc vrai que dans toute une existence il vient un jour , une heure, où les fautes commises se dressent autour de nous ; un jour, une heiue où l'on apprend cruellement que bonheur et devoir sont deux noms donnés à une même chose !.. ma tête brûle... mes idées se perdent, mon esprit s'épuise en conjectures... Cette pensée qu'un étranger tient peut-être en ses mains mon hoimeur et ma vie, qu'un mot lui suffit pour briser, pour anéantir mes espérances... ah I cette pensée me tue... Mon Dieu, cela ne peut pas être... cela ne sera pas... cet homme, je le verrai... s'il me connaît, je dois le connaître ! je l'attendrai... sur la route...
c'est à moi qu'il apparaîtra d'abord
j'exigerai qu'il parle... qu'il m'apprenne ses intentions... s'il a découvert ce que je voudrais cacher au prix de tout mon sang, il faudra... je le forcerai de me suivre... un combat sans merci... la mort de l'un des deux... S'il refuse... oh! s'il refuse... je le tue !..