GASPARDO, RAPHAËL
GASPARDO, se mettant à genoux. Viens, frère, viens m'absoudre de mes fautes... car je vais mourir...
RAPHAËL. Avant l'absolution, Gaspardo, je t'apporte l'espoir.
GASPARDO. J'ai trop souffert pour pouvoir espérer. ,
RAPHAËL. Écoute...
GASPARDO, désignant Michielli qui vient d'entrer. Silence! on nous espionne... regarde!...
RAPHAËL. Michielli!...
MICHIELLI, appelant à demi-voix. Frère Raphaël!... {Raphaël s'approche de lui.
Gaspardo, tremblant, prêle l'oreille.) J ai pu gaf;ner les familiers.
RAPHAËL. Et les gardes ?
MICHIELLI. Sont endormis dans l'ivresse.
GASPARDO, à part. Que dit-il ?
MICHIELLI. Et tout-à-l'heure je croyais le succès certain , quand j'ai aperçu Brabantio , l'espion , qui veille au bas de l'escalier du Léopard... Tout serait perdu si cet homme donnait l'alarme; il faudrait qu'un bras vigoureux , qu'une bonne rapière le contraignit au silence , sans quoi je renonce à tout.
RAPHAËL. Et tu n'espères pas le gagner 'Comme les autres?
MICHIELLI. Il refuserait tout, c'est un ennemi du commandant.
RAPHAËL. Fais parvenir jusqu'ici le brigadier Piétio, et je réponds de tout.
MICHIELLI. .Je vais l'amener.
rtAPHAEL. Kh bien , frère, maintenant, e»|icr''.s-iu?
GASPARDO. Je demande pardon à Dieu
d'avoir douté de sa samte bonté.
RAPHAËL. Sitôt libre , le commandant fera sonner la cloche pour appeler les révoltés, qui demanderont ta grâce etrenverseront ton échafaud...
GASPARDO. Et qui vous a ouvert le chemin?
RAPHAËL. L'amour de la comtesse Blanche... Son père a tué ta femme, et la justice de Dieu lui a donné une fille qui aura sauvé ton fils.
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