SATAN, ISAAC
SATAN. Bonjour, comte de Saint-Germain.
ISAAC. Bonjour, l'abbé.
SATAN. Vous avez l'air inquiet ?
ISAAC. Moi?
SATAN. Vous-même.
ISAAC. Oh! non, on vient de me dire qu'une jeune fille a été conduite ici, une jeune fille découverte ce matin...
SATAN. Dans les fouilles de la foire Saint-Laurent.
ISAAC. Vous le savez?
SATAN. Oui, c'est une nonne toute jeune, fraîche et vermeille. Une plaque d'airain trouvée dans son tombeau dit qu'en l'année 1216 elle a déjà été rappelé-e à la vie par un étranger qui, pour ce fait, a été brûlé vif.
ISAAC. Brûlé vif?
SATAN. Cela vous étonne?
LE JOIF ERRANT.
ISAAC. Non, au contraire. Mais cela n'a pas eu lieu à Paris.
SATAN. C'est à Béziers. La jeune fille, mise dans un couvent, a été conduite à Paris, par ordre du roi d'alors.
ISAAC. Philippe- Auguste.
SATA'ï. Justement. Oli! vous savez l'histoire.
ISAAC. Mais.... dit-on où elle est cette nonne?
SATAN. Mais elle est entre les mains
de la police.
ISAAC, à part. La police ! elle m'aurait joué ce mauvais tour, à moi dont elle veut ïaire un de ses agens auprès du roi. Il faut que je voie cela. O Dieu ! après l'avoir en vain cherchée si long-temps ! la pei'dre ainsi... (// i^afan.) Pardon si je vous laisse.
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