‹ [Magasin théâtralChapitre 389 sur 1545 · SC1£?>K IV · texte numérisé non relu

SC1£?>K IV

Les Mêmes, liKNKI. FLEURETTE, Pavsans , Paysannes.

nr.NRlOT, cnlr.i::t le fjirmier eu courant. Ahl j'ai gag"^' J^ ^'°"'^ l'avais bien dit. IMe voilà arrivé le proiuier... j'ai couru plus vite que vous tous, r.ics amis, le pied du montagnard A été le plus asjile... j'ai }^ngné. Le piiX , je le veux ; je dois embrasser ime de vous, à moii choix. {S'adressant à l'Ieurctle.) Ce Sfva vous.

Fl.KruF.TTE, <ju Hc/iri oienl (ïemhrasser. IMons igmur... {Bas.) Henriot...

HKARIOT, dr même. !Ma Fleiu-ette! que je t'auue !

JEAN, « part. Qu'il est heureux!

PREMIÈHE PWSANMî. Toujours elle!

DEiixiÈMK PAYSANNE. Oui, il en conte à Flenretle.

ni.NIîJOT, s'iidressant à /Indre. Ali ! vous voilà, André; bonjour, bonjour à vous tous, mes amis.

ANDUÉ, saluant. Monseigneur...

HEXUIOT, (t MoUiia. ()b ! pardon , seigneur prêtre, pardon si je ne vous ai pas d'abord salué.

MOLINA. ^Monseigneur...

HENRiOT, giihneiit. C'est que , voyezvous, je nie suis tant amusé avec ces bonnes gens, que je suis ce matin un peu plus éiourdi que de coutume; j'aurais dû pourtant venir à vous plus tôt et vous remercier.

M0L1NA. Me riuicJcier!

IIINRIOT. Oui, oui... ah! c'est que, sans vous en dont; : . vr>'''' êtes un peu cause que j'ai gagn' • jm de la course que nous venons d ;T.ie vout-à- 'lieure.

MOMNA. Moi, monseigneur!

IIKNRIOT. Oui , seigneur prêtre... en partitnt, il noir-> fallait un but qui fût bien en évidence et... et nous avons cfioisi votre robe noire qui se voyait de loin.

MOLiNA. Je suis véritablement flatté...

{j4 [Kirt.) Enfant! enf.mt .'

Hr.NUiOT, à Jean. Eh bien î mais vous n'étiez pas avec nous, tout-à-l'Iieure?

JEAN. Non, monsi'ignenr de N.iv.irre.

HENRIOT. Ah! bien «eitaincni'jnt vous êtes étranger, c.ir sans cela vous m'appelleriez sire Ilenriot, ou mieux encore Henriol, en camarade. Oh ! je ne suis j)as fier, je suis Bi'.-ii nais , je .suis de Pau, je suis montagnard, nauvaise tête quelquefois, bon cœur toujours. Donnez -moi votre main. Voyons, d'où èies-vous? qui êiesvout»?

MOLINA. Monseigneur!

HENRIOT. Oh! seigneur prêtre, laissezle répondre tout seul... vous êtes donc son piécepiciu- comme lesiredeLa Gaucherie est le mien' ]Mais le bon La Gaucherie me laisse parler quand vient mon tour. {A Jean.) Je ne vous intimide pas, je pense... Est-ce que j'intimide quelqu'un, dites, mes amis?

TOUS. Oh 1 non; vive messire Henriot !

IIENRIOT. Ah! prenez garde, si vous allez me flatter et me crier Noël 1 je me gâte, et adieu les ioyeuses pai'ties que nous faisons ensemble. {A Jean.) Voulez-vous de mes services? avez-vous quelque chose à me demander? je ferai le pnnce si vous le désirez.

JEAN. Je vous remercie, monseigneur.

HENRIOT. Eh' mon Dieu! à notre âge, il faut prendre le plaisir partout oîi on le trouve , faire le bien partout oîi on le peut : ainsi, dites, parlez... rien?... Eh bien donc, à une autre fois, quand vous voudrez.

JEAN, s'inclinaiit. Monseigneur...

HENRIOT, examinant tout. Mes atnis, pourquoi donc ces fleurs, ces chiffres? tous ces préparatifs?

MOi>iNA. Mais, monseigneur...

HENRIOT. Ah ! oui, le tir à l'arbalète... fou que je suis! j'oubliais que n^ion cousin de France va arriver tout-à-lheure et qu'il n'y a pas loin d'ici au château d'Agen d'oîi il vient nous faire visite.

MOLINA. Eh quoi ! monseigneur, vous ne vous souveniez plus que le gracieux roi de France...

HENRIOT, viorme/it. Seigneur prêtre, je

serai toujours prêt à bien recevoir mes

amis et mes ennemis... ce que j'oubliais,

c'est que les habits que je porte mainte-

I nant feraient peut-être ime triste figure

: contre le velours de mon cousin et de ses

courtisans. Il faut nue j'aille les quitter

pour faire honneur à mes hôtes; et pourtant

I j'aimerais mieux, pour tirer de l'arc, mon

j habit de Béarnais que le justeau-corps de

■ cérémonie.

ANDRÉ. Monseigneur, voici 3I""" la reine I votre mère et le .lire de La Gaucherie. HENRIOT. IMa mère !

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SCKiNI-: V.

' Les Mêmes, JEANNE D'ALBRET, LA I GAICIIERIE.

TOUS LES PAYSANS , irùint. \ ive la : reine! Noël : Noël!

■ JEA\NE. Bonjour, bonjour, mes amis.

Te voilà, mon Henriot?

FLEURETTE

HENUlOT. Oui, ma mère; bonjour.

Jeanne lui essuie le front et l'embiasse.

JE.v^^'E. Enfaiil, lu as encore couru à perdre haleine.

nEXRiOT. Oh! ce n'est rien, ma mère.

'^A La Gaucherie ) Bonjour, sire de La Gaucherie : j'ai laissé mes livres pour aujourd'hui; j'ai congé pour toute la journée, n'est-ce pas ?

LA GAUCHERIE, A condition, Henri, que vous disputerez avec succès le prix de l'arc et que vous ne serez pas vaincu par les seigneurs de la cour de France.

IIENRIOT. Vive Dieu! ce ne sera pas ma faute, toujours ! jamais je ne me suis senti en aussi bonne adresse. Je suis à trop bonne école, mon excellent gouverneur.

Vous m'avez appris à avoir la main ferme et à frapper droit au but. (Bas.) Comme vous frappiez à Jarnac et à Montcontour.

LA GAUCHERIE, bas. Cesoiit là de tristes souvenirs, Henri ; mieux vaut la paix dont nous jouissons, qu'une gloire acquise dans les discordes civiles.

JEANNE, à Henriot. Mon fils, Theurc avance et tu n'es pas encore prêt : ce costume...

HENRIOT. Je cours le quitter, ma mère ; vous le savez , il me faut peu de temps. {Aux paysans.) Venez avec moi, mes amis ; nous irons tous ensemble à la rencontre de mon cousin de France. Reprenons notre course; tout-à-Theure c'était du château ici ; eh bien ! à présent ce sera d'ici au château. Au revoir donc , ma mère. Fleurette, mes amis, au plus vite arrivé ; venez, venez tous.

Il sort en courant. Tout le momie le suit. Âcciaraations répétées : Fivelareinel vive messire Henriot!

MOLINA, à Jean. Eloignons-nous, mon fils.

,. JEAN. Je vous suis, mon père.

Ils remontent la scène lentement. La reine arrête i.lolina et lui parle bas pendant le monologue de La Gaucherie.

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