‹ [Magasin théâtralChapitre 409 sur 1545 · HENRI, FLEURETTE · texte numérisé non relu

HENRI, FLEURETTE

Hlç reste (jpelqaeç inst^n* immobjle sur le seail dç J^ porte.

aENV^JjPouri/ntàelle. fleurejtte, maFleu-rette... te voilà !

FLEURETTE. Oui, Henri.

HENRI- Ah! la yoix expire sur jpcs 1er Vf es...

FLEURETTE. Pauvi'e ami , je te cojiîiprends... tu souffres, n'est-ce pas?,.. C'est coiwme moi... niais, xjue veux-tu? i\ le faut!...

HENRI. Il le faut!

FLEURETTE. Sans dojite.. je te sayais ici, et je suis venue pour te dire adieu I

HENRI. Adieu!...

Ft-EURETTE. Ouij mon ami... on dispose tout pour ton départ... je viens de le voir..

HENRI. Déjà!

FLEURETTE. Je Comprends maintenant pourquoi ils voulaient me forcer à pie marier :... pourquoi ils t'emmènent d'ici!... oh! mais je saurai souffrir sans qu'ils puissent rien sur mon cœur, sans jamais laisser échapper une plainte, un murmure!... et toi, aussi , Henri , lu auras du courage , n'est-ce pas, mon ami ?

HENRI. Que dis-tu?

FLEURETTE. Crois-moi , obéis... cède à leur volonté...

HENRI. Et cVst toi, Fleurette... toi, qui m'engages à partir !

FLEUUETTK. Puisque ta mère l'ordonne:

ils savent que nous nous aimons, vois-tu, et ils ne le veulent pas! ils connaissent la moitié de notre secret.. Prends garde, Henri, prends bien garde de le leur apprendre tout entier !...

HENRI. Mais toi , ma Fleurette... que deviendras-tu ?

FLEUKETTE. Moi... eh bien I s'il le faut, moi, je mourrai...

HENRI. Mourir !

FLEURETTE. Ne fais pas attention à mes paroles... sais-je ce que je dis?., j'ai tort; mon Dieu I mon Dieu !

Elle pleure.

HENRI. Des larmes I des larmes ! oh!

ma bien-aimée , je t'en conjure, sèche-les vite... bien vite... rassure-toi... tu as beau dire, non, je ne partirai pas!... je le leur avais promis... mais à présent je ne le pourrais plus, je ne le voudrais pas... J'avais trop compté sur mes forces... Tu n'étais pas là.. . près de moi, comme je te vois à présent souffrante et désolée, me cachant jusqu'à tes larmes pour me donner des forces. Oh! non, jamais, jamais!...

FLEURETTE. Henri, que tes paroles sont douces!., qu'elles font de bien à mon cœur !. . . Elles me rendent moins affreux ce moment de séparation! Oh ! je t'en supplie! aime-moi toujours ainsi... toujours, entends-tu? Moi je ne vivrai que pour toi, pour toi seul... à loi, toutes mes pensées , toute mon ame.. . qui sait, plus tard, bientôt même , tu reviendras peut-être, et alors...

HENRI. Quoi ! tu persistes?

FLEURETTE. Je Serais indigne de ton amour SI je pouvais te conscillei de désobéir à ta mère... Et puis, qtielques-uncsdes paroles du sire de La Ganclierie sont venues jusqu'à moi... il te pailait de gloire... de ton hoiuieur... Défendre ton départ, ce serait ordonner ta honte , et je ne le veux pas ! . . .

HE.NRI. Fleurette , que me rappelles-tu là?...

FLEURETTE. Allons, alIoDS, du courage, Henri, du cotuage... tu vois bien que j'en ai : n'oublie jamais ta Fleuictte... Moi,

pendant ton absence, je ne quitterai pas la fontaine... J'y resterai sans cesse, pensant toujours à toi, attendant ton retour...

HENRI. Et c'est à l'instant où tu me montres tant d'amour que tu veux que je m'éloigne de toi. Jamais! jamais, te dis-je... Ohl qu'ils viennent donc m'arracher de tes bras ! . . .

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