ANDRÉ, JEAN
ANDRE. Ma pauv' fille... elle s'éloigne, sans doute encore pour m' cacher ses larmes. . . et dire qu'il n'y a pas de remède à c' mal qui la dévore !
JEAN, àpart. Soupçonnerait-il?. . . {Haut.) Que dites-vous?
ANDRÉ. J'disons que c'est vous qui êtes cause du chagrin d' ma pauv' fille.
JEAN. Moi!...
ANDRÉ. Oh ! il y a long-temps qu' j'ons
ça sur l'cœur, et j'suis ben aise d'vous r dire aujourd'hui... Enfin, pourquoi avezvous r'fuséma Fleurette pour femme, après m'avoir supplié d'vous l'accorder... ça m'a donné à penser ben des choses, et pour tout au monde j'voudrais en savoir l' motif. .. voyons, dites-le-moi franchement, et je ne vous en voudrons plus.
JEAN, à part. Ah ! qu'il l'ignore toujours !
ANDRÉ. Eh ben! vous n'me répondez pas?...
JEAN. Je vous l'ai déjà dit, je n'avais consulté que mon cœur... ma religion me défendait ce mariage... je me croyais assez fort pour braver ses arrêts... je m'étais trompé, j'ai cédé à ma conscience...
ANDRÉ. Dites plutôt à vot' confesseur, à un de ces prêtres qui parlent au nom de Dieu , et qui font commettre des actes que Dieu réprouve!
Molina traverse le the'âtre lisant une lettre qui semble beaucoup l'occuper. Distrait par la conversation d'André et de Jean, il s'arrête et les écoute.
JEAN. Ah! ne parlez pas ainsi de la sainte religion...
ANDRÉ. Ce n'est pas la religion que j'attaque, moi; vous devez m' comprendre... il n'y a qu'un père Molina , un jésuite , qu'ait pu vous donner un conseil comme celui-là.
JEAN. Ah ! taisez-vous î
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