SCENE X
M»« D'AYELLE, HENRI.
HENRI, sans voir 3f^^ d'Ayelle. Enfin !
m"= d'ayelle, à part. Plus de doute à présent.
HENRI. Je me suis échappé à la hâte... j'arrive le premier au rendez-vous, tant mieux ! Elle ne peut tarder à venir... attendons. {Il se dirige vers la fontaine et aperçoit M^^^ d'Ayelle qui vient à lui. A part.) Ciel! {Haut et avec embarras.) Vous? c'est vous, mademoiselle ?
m"« d'ayelle. Oui, monseigneur, moimême...
HENRI. Seule ici... que veniez-vous donc faire ?...
m"* d'ayelle. Et vous, monseigneur ?
HENRI, embarrassé. Moi!... j'avais deviné peut-être que j'aurais le bonheur de Vous y rencontrer.
m"« d'ayelle, avec intention. Eh bien l peut-être aussi avais-je présumé la même chose...
HENRI. En vérité! ( A part. ) Se douterait-elle... ?
m"^ d'ayelle. En tout cas , messire, je bénis le hasard qui nous a fait deviner si juste, puisqu'il nous réunit si à propos »
nous allons demeurer ici... et, en chevalier soumis et courtois, vous allez me faire bonne et aimable compagnie, n'est-il pas vrai ?
HENRI. Pardon, belle d'Ayelle.
m''* d'atelle. Quoi? vous hcsitez...
UENRI. ]Non... mais, si cela vous était égal, je prélererais...
m"« d'ayelli:. Non pas, s'il vous plaît ; je désire rester ici.
HENRI. Cependant...
m1'« d'ayelle. Ah ! de grâce, n'allez pas oublier nos conventions; entre nous, le prince doit disparaître... à moi seule l'autorité et le pouvoir... Ainsi donc, il faut que vous m'obéissiez, car je le veux ainsi.
HENRI, à part. Quel coutre-temps !
m"'' d'ayelle, s'asseyanl. Venez donc, monseigneur.
HENRI , à piirt. Cédons , afin de l'éloigner plus vite.
Il"" d'ayelle. Eh bien !
HENRI , ^'asseyant, IMe voici. {A part. ) Et Fleurette qui va venir!
m'^*^ d'ayelle. Savez-vous que vous êtes peu gracieux aujourd'hui?
HENRI. Comment cela?
m"' d'ayelle. Sans doute, c'estmoi qui, pour ainsi dire, suis obligée de vous courtiser... mais c'est mal... très-mal, au moins. ( Indiquant lajoiitaine. ) Qu'avezvoiis donc à toujours regarder de ce côté?
HENRI. Moi, rien. {A part. )I1 m'a semblé entendre...
m"'= d'ayelle. Henri, il faut que je vous parle avec franchise : depuis notre retour ici, je vous trouve tout dilférent avec moi.
HENRI. Que dites-vous ?
m'''= d'ayelle. La vérité.
FLEURETTE , paraissant. J'ai entendu parler, je crois...
y."" DAYELLE. Aussi suis-jc devcnue inquiète, soupçonneuse, jalouse enfin...
HENRI. .I.îlouse?
FLEURETTE , (/ part. Oui, quelqu'un...
O mou Dieu I il n'est pas seul.
HENRI. A quelles pensées allez-vous donc vous livrer?
FLEURET JE, s' approchant. Mademoiselle d'Ayelle!...
Elle se caclie clcrrière le feuillage.
m"" d'ayelle. Eor.squ'on aime comjue je vous aime, Henri, on s'inquiète, ou s'alarme aisément.
FLEURETTE, à part. Qu'entends-je !
HENRI. Enfin... expliquez-vous.
m"' d'ayelle. Eh bien , je veux vous parler de Fleurette.
FLEURETTE, (i part. De moi l...
HBMtl. De Fleurette !
m"'' d'ayelle. Oui , vous l'avez aimée avec amour, avec passion même... Ne dites pas le contraire, je le sais; eh bien ! ce souvenir me chagrine, me fait mal... je souflie... j'ai peur enfin que vous l'aimiez encore... et cela plus que moi...
HENRI. IMais en vérité il y a enfantillage et folie à vous alarmer ainsi... vous savez bien que c'est vous seule que j'aime.
FLEURETTE, à part. Grand Dieu!...
in"« d'ayelle. Oh! ne me trompez pas, Henri.
HENRI, se levant. Le pourrais-je donc ? {A pari. ) Je meurs d'impatience !
m'*" d'ayelle, se leount de même et s appuyant sur l'épaule de Henri. Je l'espère, Heuri : de trop graves préoccupations se sont emparées de vous pour oublier jamais que vous n'êtes plus cet Henriot d'autrefois, mais le chef de la ligue calviniste, le futur roi de JNavarre... L'amour d'une paysanne n'est plus fait pour vous , il ne pourrait que vous déshonorer : il faut que la dame de vos pensées soit digne de votre haut rang ; il faut enfin que vous puissiez vous parer de son chiffre et porter ses couleurs sans rougir.
HENRI. Aussi, vous ai-je choisie comme la plus belle et la plus noble de toutes.
»i^'* d'ayelle. Allons, allons, j'ai foi dans vos promesses... et me voilà presque ra.ssurée... JMerci, mon beau chevalier, merci... voici ma main comme gage de foi; et, comjue récompense d'amour, ce doux baiser au front.
Elle L'embrasse au front.
HENRI. Venez, belle d'Ayelle, voici mon bras; venez. ( A port. ) Je respire!
Il remmène rapidement.
\V\WVVWVWW\VWVVVVWVVVW*VV%VVVV\/VW\VWVWVVV\W\VWV\'*''.