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SCÈNE IV

MAUTIIGE, MARIE.

MAURICE. Que de remercîments ne dois-je pas à ce bon vieillard ! Sans lui vous m'auriez déjà quittée.

MARIE. Je prierais loin de vous... mais pour vous...

MAURi(-E. Pourquoi toujours ces paroles d'éloigncmcnt et de séparation ?... Si votre mère vous a désigné un couvent comme un lieu d'asile pour votre jeunesse, c'est qu'elle ne prévoyait pas qu'aussitôt après sa mort il se présenterait à vous un jeune homme au cœur pur, aux intentions honnêtes, qui n'aurait d'autre projet que de faire de vous la compagne légitime et honorée de sa vie... Si elle avait prévu cela, Marie, si elle avait lu dans mon cœur la vive et loyale passion que vous m'avez inspirée, croyez-vous qu'elle aurait refusé de faire mon bonheur et le vôtre?... Non, Marie, non; croire cela, ce serait injurier la mémoire de votre mère.

MARIE. Si je persiste à vous quitter, Maurice, ce n'est pas que je craigne d'offenser ma mère, mais je douie du consentement de votre père, de maître Lionel, de ce père que vous ne connaissez pas, qui ne vous a jamais vu et qui, en vous ordonnant de revenir prè's de lui, a sans doute déjà décidé de voire

sort.

MAURICE. Pourquoi préjuger amsi du cœur de mon père? iMalgré notre éloignement, il m'aime, j'en suis sûr d'avance. Si des circonstances inexpliquées l'ont coniraint à me faire élever loin de lui, jamais, du moins, il ne m'a abandonné. Partout sa protection m'a accompagné. Dernièrement encore, à Melon où je vous ai connue, Marie, c'est lui (|ui m'avait placé d:ms la maison du riche commerçant Ilamt'l ; j'étais peu porté au négoce, je râ\oiie, j't'usse préféré la carrière des arme; : d';s idées clievaltresques bouillonnaient au fond de mon àme; je ne rêvais qor la gloire, «lUC rulfranchisseracnt de mon payf%

que l'expulsion des Anglais... Mais j'ai dû obéir sans murmurer; et, bien que j'aie toujours vécu loin de mon père, je crois en sa bonté : oui, Marie, je crois à son indulgence pour vous et pour moi.

MARIE. Ah! Maurice, si votre père est ambitieux, s'il tient aux grandeurs de la terre, il repoussera l'orpheline.

MAURICE. Courage, iMarie, courage et espérance!. .. Mais que regardez-vous? Serait-ce encore cet homme dont vous m'avez parlé à !Melun,etqui vous a outragée de ses insolents aveux?

MARIE, apercevani une femme d'un aspect simple, qui les regarde avec attention. Non, Maurice... non... cet homme, je ne l'ai plus revu. . . Je regarde une pauvre femme. .. mais, vous-même, voyez... elle vient à nous.

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