SCENE Vllî
Les Mê.\ies , UN MONSIEUR , UNE NOUR- RICE, BOURG ET.
LE MONSIEUR , rt la Nourrice. Nourrice , prenez donc garde au petit,.... vous le tenez
mal vous lui ferez descendre le sang à la
tête
ROURGb.T, sortant du bureau et arrêtant le Monsieur. Monsieur n'a rien à déclarer?,..
LE MONSIEUR. Moi? rien, absolument
rien {Montrant le petit que tient la
Nourrice. ) Et quant à mon fds , il a été déclaré à la mairie du cinquième. . .
GROSEILLON, faisant remarquer le Monsieur à Nini. Regardez donc, Nini en
voilà un qui ne pourrait pas jouer les amoureut^.. .
NINI. Laissez donc! maintenant tous nos amoureux ont des gros ventres.. . c'est trèsbien porté.
ROURGET, à fait, regardant le Monsieur. Ah! ah! c'est l'homme à l'embonpoint... connu!... connu!... {L appelant.) Mon S'eut!
LE MONSIEUR. Encore...
BOURG ET. Vous avez là une incommodité qui doit vous gêner.
LE MONSIEUR , Sèchement. Gardez vos conseils... j'ai mon médecin pour me guérir
ROURGET. Mais il n'y a pas besoin de mé ■ decin pour cette maladie-là , c'est du domaine de la chirurgie, et une simple ponction...,.
Il prend une sonde et lui perce le ventre.
LE MONSIEUR, gesticulant. Ah! monsieur, vous m'avez tué.
GROSEILLON. Ahl mou Dieu ! il l'a percé d'outre en outre...
BOURGET. Tu l'as dit , laitier, c'est d'outre en outre Qu'on mette un fausset à monsieur.
LE MONSIEUR, se croisant les bras. Mais c'est affreux.
LA. NOURRICE. Bigre! nous sommes pinces!... que fiire?... Ah! le petit laitier est connu, on ne le visite pas... ( Elle s'approche de la table où, est le grand pot et verse l'eau-de-vie contenue dans le corps de l'enfant. ) Je reprendrai mon trois six à Paris.
Elle met l'enfant vidé dans sa poche et s'en va.
ROURGET. Monsieur, prenez donc la peine d'entrer au bureau, nous allons panser votre blessure.
Les passants, qui se sont assemblés pendant cette scène, sortent en riant quand les douaniers ont arrêté les fraudeurs.