‹ [Magasin théâtralChapitre 468 sur 1545 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE MARÉCHAL,|)ws HÉLÈNE ef LIONEL.

LE MARÉCHAL , seul. Mpurice repose là. .. et je veille sur lui!... Cette pensée est délicieuse, elle me rend le calme dont j'avais besoin... et toi, pauvre Marie, ton dévouement sera récompensé... {Il s'assied.) Mais l'heure s'écoule. .. l'armée du roi s'approche de Paris... bientôt le signal va retentir 1... Mon Dieu, mon Dieu ! fais que je ne meure pas avant d'avoir revu Charles VII sur le trône de ses pères... La fatigue m'accable... tant d'émotions et de souffrances.. . c'est trop pour mon cœur épuisé... un peu de repos me ferait tant de bien... Maurice... Marie, mes enfants... et toi, Hélène , ma femme bien-aimée .. . Hélène où es-tu ?. . .

11 s'endort. On voit Hélène entrer mystérieusement par le balcon.

HÉLÈNE. Hélène seule a veillé... {Riant.) Ha ! ha 1 ha ! comms ils ont été surpris de me voir là-bas 1... et quand j'ai parlé, ils ont ri... les insensés!... le roi a ajouté foi à mes discours, lui ! il s'est avancé vers la pauvre Hélène... il a tendu la main à la servante de Dieu... il l'a écoutée... maintenant, il vient, il est là... là... {Elle s'approche du balcon.) Pendant qu'il marche, Hélène l'a devancée... elle est entrée mystérieusement dans Paris.. . une autre mission l'y ramène. {Elle prête l'oreille.) Que font-ils?... ils s'arrêtent?... non, la poussière s'élève et tourbillonne sur les chemins. . . les archers marchent en silence, pressés comme les épis d'un champ de blé... les chevaux retiennent leurs hennissemenls... l'on ne peut rien entendre, rien distinguer. .. la nuit est pour eux. . . Hélène seule les voit. . . seule elle les entend!... ils approchent... voilà les hommes d'armes... voilà le roi... vivat !... et voilà la hache qui portera le premier coup à ses ennemis...

Elle brandit une hache et disparaît mystérieusement sur le balcon.

LE UAVitCEAL, parlant en rêve. Tu m'ap-

pelles... mon fdsl... non, ce n'est pas toi... c'est... c'est elle... Hélène!... oui!... le ciel t'a bénie... Que viens-tu ra'annoncer... que me montres-tu dans ce lointain obscur?... une femme... la comtesse!... et cet homme masqué? que disent-ils? Ah! la vengeance!... le meurtre!. .. lâches!. .. lâches!... Cet homme dispose ses complices qui entourent cette maison... la fenêtre s'ouvre... il entre... il marche avec précaution... dans sa main un poignard!... il vient... plus près... plus près encore. .. le voilà !. . . le voilà !. . .

II se réveille.

LIONEL, qui a fait successivement toutes les actions mentionnées dans le rêve du Maréchal. Il se réveille 1

LE MARÉCHAL, SB réveillant en sursaut.

Quoi!... qu'y a-t-il?... Ce poignard!...

LIONEL. C'est pour te tuer !...

LE MARÉCHAL, se fevanf. Une arme... une arme...

LIONEL. Il n'y a pas d'armes pour toi I tu vas mourir !

LE MARÉCHAL, courant çà et là, Misérable!... une arme!... une arme!...

HÉLÈNE, paraissant tout à coup, et pré' sentant sa hache au Maréchal. Voici ma hache !

Le Maréchal s'élance, arrache le masque de Lionel et recule épouvanté.

HÉLÈNE. Tue-le!

LE MARÉCHAL. Hélène... mais c'est ton fils!...

HÉLÈNE. Tue-le!... tue-le!... Dieu le veut.

LE MARÉCHAL. Hélène!... mais oublies-tu qui je suis?... {En ce moment deux coups canon se font entendre.) Le signal... c'est le signal !... {On entend, au dehors, les cris de France et Dauphin! — A Lionel.) Entends-tu ces cris?... c'est la bataille sanglante, terrible, mais noble et glorieuse... Si tu n'es pas un lâche, va y chercher la mort... A ta dernière heure seulement, tu sauras qui je suis... Maintenant, va-t'en, va-t'en... tu me fais horreur!... Hélène... viens, suis-moi... {Un son de guerre se fait entendre à l'orchestre. Cris au dehors : France ! France l ) Au combat ! au combat !

Le Maréchal et Hélène sortent vivement au bruit des clameurs qui continuent au dehors. Lionel éperdu sort de l'autre côté. Le rideau baisse.

ôeptUme 'îlûbleau.

Le théâtre représente une place du vieux Paris dont les rues s'étendent principalement à la droite et en face du public ; à gaucho, les remparts qui se perdent dans le fond. En face du public, une tour praticable; au delà, la campagne; aux maisons sont suspendus des drapeaux noirs.

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