‹ [Magasin théâtralChapitre 473 sur 1545 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les MÊMES, LIONEL, les arrêtant.

LIONEL. Arrêtez, lâches!... ou fuyezvous?

UN FUYARD. Le maréchal est dans la tour.

LIONEL. Le maréchal malédiction

Allons, à l'assaut !... à l'assaut !.. . Vous, dans les maisons voisines... vous, aux échelles... et nous, à la porte delà tour!...

A la tête des siens Lionel attaque la porte, on lui riposte par des coups de feu; d'autres Malandrins amènent des échelles de la coulisse, d'autres forcent les maisons voisines et paraissent aux fenêtres avec des arquebuses; en même temps on voit le Maréchal sur le haut de la forteresse. Coups de canon dans la coulisse, coups de feu par intervalles.

LE MARÉCHAL , plantant son drapeau.

France et Montjoie Saint-Denis!... Courage, amis., .courage! ...

Une échelle est dressée, et pendant que Lionel combat à la porte de la tour, des Malandrins montent sur l'échelle et arrivent sur la plate-forme. Le Maréchal les attend et en tue deux ou trois; une autre échelle est dressée; le Maréchal attend qu'elle soit garnie de Malandrins, alors il saisit le haut de l'échelle, la balance et renverse derrière le rempart l'échelle toute entière avec son fardeau d'hommes d'armes. A cette vue les Malandrins éperdus fuient de tous côtés, le Maréchal descend, et en les poursuivant disparaît un moment dans l'intérieur de la tour.

LIONEL, appelant les fuyards et cherchant à les rallier. Lâches!... lâches!... ils m'abandonnent... {Des Malandrins entrent en scène en conduisant Hélène.) Hélène!....

toi!... toi!... Ah! tu me serviras d'otage.

LE MARÉCHAL, reparaissant. Hélène!

ciel !... Lionel !... Lionel, grâce pour elle.

LIONEL, saisissant Hélène. Rends-toi !... ou je la tue !...

Il la renverse et lève son poignard sur elle.

LE MARÉCHAL. Lionel... c'est ta mère !

HÉLÈNE. Non ! non !

LIONEL. Rends-toi, te dis-je 1

LE MARÉCHAL. Pitié. Lionel ! Pitié, mon fils!...

LIONEL. Son nis!...

LE MARÉCHAL. Oui, tu fs mon fils 1

Grâce, grâce pour ta mère !

LIONEL. Le fils du maréchal I... moi !

HÉLÈNE. Lui ! lui ! c'est l'assassin. ..

LKMLERT, paraissant tout à coup. Oui...

l'assassin de Lionel... Charles de Rieux, cet homme n'est pas ton fils!... Contran m'a tout révélé !...

LE MARÉCHAL. Qu'as-tu dit? l'assassin !

LAMBERT. Oui...

HÉLÈNE. L'assassin ! je le reconnais...

LE MARÉCHAL. Ah !...

LIONEL, au Maréchal. . Eh bien , oui ! ce Lionel, le père de Maurice, oui, je l'ai tué, et mon dernier eî^poir est de vous tuer tous les deux... à elle d'abord.

Il va frapper Hélène.

MAURICE, s'élance et la lui arrache des mains. Misérable !

LE MARÉCHAL, avec rage. Assassin' attends, je vais venger mon fils!...

Il tue Lionel.

HÉLÈNE, preisant Maurice dans ses bras.-

Maurice! {Regardant avec tendresse le

Maréchal.) Charles! Charles!...

LE MARÉCHAL, prenant Hélène et Maurice sur son cœur. Hélène ! Maurice ! Lambert !... elle m'a reconnue !

LAMBERT. Dieu l'a guéric.. ,.. . monseigneur!...

LE MARÉCHAL. Toi qui l'assauvé, Seigneur, sois béni...

HÉLÈNE. Charles, remercie-le d'avoir sauvé la France !

CRIS. Noël ! Noël !

Pendant ces dernières paroles les Malandrins sont entrés, vivement poursuivis jiar les troupes du Maréchal. Les fenêtres se sont garnies de gens qui ont changé les drapeaux noirs contre des drapeaux bleus, les échevins ont paru portant dans un plat les clefs de la ville. Des jeunes filles tenant des guirlandes de roses.se sont avaucées, conduites par Marie, au-devant du roi, dont on voit déboucher les troupes par la campagne à gauche. Les cloches tintent. Charles VII paraît en scène ; le Maréchal s'incline devant lui.

TOUS. Vive Charles "VU ! vive Charles VII !

FIM.

Imprimerie de M»» V« JOondky-Dupré, rue Sainl-Loui», 46, au Marais.

CHARLOTTE

Olf

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