‹ [Magasin théâtralChapitre 478 sur 1545 · BERTRAND , CHARLOTTE , ARTHUR, LA COMTESSE , LA BARONNE · texte numérisé non relu

BERTRAND , CHARLOTTE , ARTHUR, LA COMTESSE , LA BARONNE

ARTHUR , à part. La baronne est encore là ! ( Haut. ) Je vous présente un ancien camarade, et mademoiselle sa fille à qui mon imprudence a failli être si funeste. Il y a déjà long-temsqueje désirais vous faire faire sa connaissance , mais elle sort aujourd'hui pour la première fois.

LA COMTESSE. Bonjour , mon enfant ; commencez-vous à vous rétablir?

cn\RLOTTE. Oui, madame ; je vais bien.

ARTHUR. Asseyez-vous donc, mademoiselle.

LA BARONNE , à part. Que d'empressement !

LA COMTESSE. Je suis charmée qu'enfin vous soyez mieux.

BERTRAND. Bath ! la voilà maintenant meilleure que neuve, grâce aux soins du commandant.

ARTHUR. Ma mère , voici une vieille moustache à qui je dois la vie : c'est le brave Bertrand ; il a reçu certain éclat d'obus qui devait m'appartenir.

LA BARONNE. Cela fait mal un éclat d'obus ?

ARTHUR. Cela tue assez souvent.

LA COMTESSE. C'est très-beau, monsieur Bertrand.

BERTRAND. Ma foi , madame , vous en auriez fait autant à ma place ; un obus tombe dans la batterie aux pieds du commandant ; je me dis : Si le commandant est tué , qui est-ce qui coinmandira la batterie? au lieu que , si je suis tué , il y a d'autres pointeurs. Là-dessus , je me jette sur le commandant et je le serre comme luie nouvelle mariée.

ARTHUR. Et vous avez eu une cuisse cassée.

BERTRAND. Bah ! ... OU l'a raccommodée, et elle va à peu près.

LA COMTESSE. Vous n'avcz qu'uue fille, monsieur Bertrand.

BERTRAND. C'est tout mon bien.

ARTHUR. Ma mère , vous ne vous attendez pas à la surprise que mademoiselle vous a préparée : c'est un voile qu'elle a brodé pour vous.

BERTRAND. Llle y travaillait sur son lit; je lui disais quelquefois : Chailolte, tu vas te faire du mal ! elle répondait : C'est égal I c'est pour la mère de monsieur Arthur.

CHARLOTTE, présentant le voile. Si madame veut bien l'accepter?...

LA COMTESSE. C'est vraimenttiès-bien!..

^^ A la baronne. ) Regardez donc?

LA BARONNE. C'est clianiiaiit !.. . mais il a fallu bien du tems poui' faire cette broderie.

ARTHL'R. Vous VOUS sercz fatiguée?

CHARLOTTE. Non I ça nx'occupait et m'empêchait d'avoir du chagrin quand j'étais seule.

LA BARONNE. Du chagrin!.... lorsque M. Arthur n'était pas là peut-être?

CHARLOTTE. Oui; car il était si gai quand il me voyait , que j'étais triste quand je ne le voyais pas.

LA BARONNE. Ah!...

LA COMTESSE , présentant un portefeuille. Tenez , ma chère amie , je vous prie d'accepter ce souvenir.

CHARLOTTE. Madame est bien bonnel..

Oh! comme c'est joli !.. Ah !.. madame... non !.. je ne puis le prendre.

ARTHUR. Qu'avez-vous ?

LA COMTESSE. Gardez-le , ma chère, gardez-le.

CHARLOTTE. Non madame, je n'en veux pas.

ARTULR. Vous pleuTCz!... Qu'y a-t-il donc?

CHARLOTTE. Regardez , monsieur Arthur , regaidez plutôt !

ARTHUR. De l'argent!., ma mère , qu'avez-vous fait ?

LA COMTESSE. Mon enfant , il ne faut pas que cela vous afflige : je ne sais trop si j'aurais rencontré votre goût en vous faisant un cadeau , et c'était

BERTRAND. Elle est équipée au complet, madame ; elle n'a besoin de rien.

LA COMTESSE. Je VOUS en prie.

CHARLOTTE. Non, madame, non!..

hiv,.:- Depuis lung-tems j'aimais Adèle.

CHARLOTTE. *'

ARTHUR. Ah ! je VOUS demande mille pardons.

LA BARONNE, riant. Non, non !.. je me reprocherais de vous déranger ; je ne veux pas ahr-olument: restez.

BERTRAND. Charlotte , mon enfant , il se fait tard , salue madame , et enmaiche avant que le brouillard tombe.

ARTHUR. Ma voiture va vous conduire, et, si vous le permettez , je vous accompagnerai ; j'ai une visite à faire dans votre quartier.

LA COMTESSE. Arthur , je voudrais vous parler.

CHARLOTTE. Mou Dieu , monsieur Arthur , nous irons bien à pied , je suis forte à présent.

BERTRAND. Vrai , mon commandant , c'est inutile une voiture ; ça lui donnerait de mauvaises habitudes, voyez-vous! et d'ailleurs , si elle est lasse, les Omnibus sont là!.. Monsieur et madame , je vous salue.

ARTHUR. Au moins, je vais vous dernier la main jusqu'au bas de l'escalier.

CHARLOTTE. Votre maman veut vous parler.

ARTHUR , à la comtesse. Je reviens à l'instant.

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