‹ [Magasin théâtralChapitre 492 sur 1545 · CHARLOTTE, LE COMTE · texte numérisé non relu

CHARLOTTE, LE COMTE

LE COMTE. Qu'avez-vous , Charlotte?

CHARLOTTE. Je n'ai rien. C'est ce pauvre garçon qui s'en va bien triste : il dira que je suis fière , et c'est notre parent , après tout.

LE COMTE. J'ai fait ce que j'ai pu pour le retenir, quand j'ai su qui il était; mais j'attends du monde aujomd'hui, et vos parens...

CHARLOTTE. C'est toujotu-s quand vous

revenez à Paris que vous parlez de mes parens, parce que vous avez vu le {jrand inonde. Dans les premiers mois de notre maiiage , vous restiez avec moi , et vous n'en parliez pas.

LE COMTE. Pardon , ma clièi-e amie I. ... Mais vous devez comprendre...

CHARLOTTE. Pourquoi me dire vous ?

Est-ce que vous ne m'aimez plus?

LE COMTE. Je t'aimerai toujours.

CHARLOTTE. Ah! ces paroles me font bien du bien.

LE COMTE. Ne dis donc pas bien du bien : est-ce qu'on parle ainsi?

CHARLOTTE. Oh ! ne te fâche pas. 3Ion maître est content de moi; il dit qne je fais des pi-ogrès. Y avait-il bien des fautes dans la dernière lettre que je t'ai l'^crite jiier?

LE COMTE. Quand je vois à chaque ligne que tu m'aimes , peu ni'inporte ion style l ïMais tu ne me demandes pas de nouvelles de mon voyage à Paris.

CHARLOTTE. As-tuvu ta mère ! Etes-vous raccommodés?

LE COMTE. Oui , et sans un mot d'explication, .le ine .suis jeté dans ses bras , elle a pleuré , et tout est oublié. Elle va venir aujourd'hui même avec la baronne d'Alby, à qui je dois celte réconciliation.

CHARLOTTE. La baronne d'Alby !.. Ah I oui , c'est cette jeune dame... Je m'en rappelle.

LE COMTE. Il faut dire : Je me la rappelle. Je t'en prie , tâche de l'observer quand elle sera là.

CHARLOTTE. Tu ne,m'as jamais tant repris qu'aujourd'hui. Ecoute, mon Arthur, je ferai de mon mieux pour qu'on ne dise pas que ton épouse... {nionoement du comte) que ta femme ne te fait pas honneur.

Laisse f lire ! va, l'hiver prochain , puisque tu veux retourner à Paris et me mener dans les salons, tu verras comme je sci-ai savante !.. Je commence déjà à bien savoir ma géof^raphie.

LE COMTE. Ta géographie ! . ..

\lK: Je sais al tacher des rubans.

Oui, je Sais sur le hoiit du doigt L'Europe», l'Asie cl l'Afrique; £t c'rfil après iLcma in <{u'on cioit M'cnteiguer cmÛix l'Airu'riiiuc :

Toutes Vos dames du j^raiid ton.

Sur re poïnt-l;'i , uionsicur, je les défie...

tt voiis vcrroî comrnedt, d.nis un salon , Je prlcrui géagrapbie.

LE COMTE. Dans un salon! TIélas , ma chère, ce n'ist pis cela ((u'il importe de savoir! Mais dans ce moment , pensons à recevoir ma mère et M™" d'Alby, qui

LK HASAStN THEATRAL.

vont arriver bientôt. Tu e» ^ g?"'*nd ^k^

gligé:si lu te parais? ^ un, ,,1.0 , Hioh

CHARLOTTE. Si tu m'aiines ,|^miqae,,jj7 suis, qu'ai-je besoin de plaire à d'autres?

LE COMTE. Je l'aune on ne peut davaa-f l.ige telle que tu es , mais je voudrais 4i}ue ]yjmc j'Alby et ma mère te trouvassent jolie... ti-ès-jolie.

CHARLOTTE. Que tu es singulier !... Je Cerai ce que tu désireras j et }K)urlant je ne voudrais pas faire une grande toilette : je suis encore un peu gauche.

LE COMTE. Eh bien ! oui , tu as raison ! pas de toilette. Promets-moi seulement de bien retenir mes leçons pendant le diner.

CHARLOTTE. Oh! sois tranquille I... Tu seras content de moi : je sais qu'il ne faut p.TS couper son pain ; qu'il faut... qu'as-tu donc à rire ?

LE COMTE. Je ris de toi et de moi-même. Va , chère Charlotte , sqis toujours douce et bonne comme tu l'es, tu n'auras pas besoin d'autre art pour me charmer.

CHARLOTTE. Que je suis heureuse ! Pour de l'amour et de la docilité, tu sais que j'en aurai toujours.

kSCÈNE VI.

LE COMTE , seul.

Excellente enfant!... En vérité, j'ai honte de gâter un si aimable natiuel par toutes ces conventions niaises qu'on appelle les bonnes manières!.. Pauvre Charlotte, ta candeur et ta simplicité valent mieux que les talens qui te manquent. Ah ! vous voilà , Bertrand ?

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SCÈrSE VII.

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