BERTRAND, PIERRE, MADAME DU- TOUR , MONVAL , CHARLOTTE
MONVAL. Je n'ai pu passer devant l'hôtel de madame la comtesse sans éprouver le désir de savoir de ses nouvelles. Pardon , madame , si je me pré.sente de si bonne lieure.
MADAME DUTOUR. C'est lui... Est-ce que M. de Monval ne me l'econnaît pas ?
MONVAL. Eh mais, c'est madame Dutour.
M\DAME DUTOUR. Moi-même : il y a bien long-tems qu'on ne vous a vu. Dire que monsieur n'entrerait pas dans mon magasin , quand il passe rue aux Ours.
MONVAL , souriant. Mais c'est que je ne passe jamais rue aux Ours.
CHARLOTTE. Monsieur de Monval, mon mari est sorti ; vous auriez peut-être désiré le voir .''
MXDAME DUTOUR. C'est joli , monsieur, d'oublier ses anciennes connaissances. Ah , je VOIS ce que c'est : vous êtes surpris de me trouver dans cette belle hôtel ^... mais puisque je suis sa parente.
MONVAL, souriant. La parente de l'hôtel.' Je sais que vous êtes la cousine de madame , et croyez que mes égaras...
MADAME DUTOUR. Qu'est-ce quc c'est
que toutes ces siinagrées-là ? Est-ce que vous avez oubli»'- nos parties de campagne avec Faiiiiy et Malviiia ?
MOWAL, embarnissé. Je n'ai rien oublié, je vous assure.
5IAD AME DUTOUR. Cette pauvre Malvina!
elle a eu une inclination niallieureuse ; elle a voulu se périr elle était si sentimentale... Fanny se porte toujours bien... Ma cousine les a bien connues aussi.
CHARLOTTE , à part. Je suis au supplice.
PIERRE. Madame Dutour !...
MADVME DUTOUR. Qu'est-ce que vous faites donc, ma cousine? Voilà qui est soigné... mais c'est mal de ne pas prendre tous ces articles-là chez moi ; vous auriez meilleur marché , et tout aussi bien établi.
CHARLOTTE , aoec impatience. C'est mon mari
MADVME DUTOUR. Il faut lui dire d'acheter à la maison : il vaut mieux que les profits soient dans la poche de sa cousine que dans celle d'une éuangère.
CHARLOTTE , à part. Qu'elle me fait
soufYrir !
PIERRE, à part. Pauvre femme... venons à son secours. [Haut.) Père Bertrand, puisque madame la comtesse a la bonté de se charger de ma lettre , si vous voulez venir avec moi , je vous la remettrai.
BERTRAND. Tu as raison , Pierre, il ne faiU pas perdre de tems.
PiEHRE. Madame Dutour, si vous sortez, je vous offre mon bras.
M \D \Mi; DUTOt R. Ah ! je vous remercie, et je profiter.ii de votre offre ; je vas terminer une affaire , comnic je vous l'ai dit, ma cousine , et je serai ici dans une heure au pins tard. Je verrai donc ce qu'on ap-
F elle la bonne compagnie. C'est sans doute endroit où l'on s'amuse le mieux?
MOWAL. C'est celui où l'on s'ennuie de meillcme grâce.
MADAME DUTOUR. Allons, Pierre, donnez-moi votre bras.
BF.RTR XND. A fcvoir , ina fille ; je reviendrai l'ap|»orUi- la lettre.
CHARLOTTE. A bientôt , mon père.
MADVME DUTOUR. Sans rancune, monsieur de Monval. A tout à l'heure, cousine.
l'iERHB. Recevez tous mes remerciemens.
madame la comtesse.
CHARLOTTE. Adieu , Piertre : nous no^
re\^errons. , . / Mpo'i
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