‹ [Magasin théâtralChapitre 507 sur 1545 · BERTRAND, PIERRE, MADAME DU- TOUR , MONVAL , CHARLOTTE · texte numérisé non relu

BERTRAND, PIERRE, MADAME DU- TOUR , MONVAL , CHARLOTTE

MONVAL. Je n'ai pu passer devant l'hôtel de madame la comtesse sans éprouver le désir de savoir de ses nouvelles. Pardon , madame , si je me pré.sente de si bonne lieure.

MADAME DUTOUR. C'est lui... Est-ce que M. de Monval ne me l'econnaît pas ?

MONVAL. Eh mais, c'est madame Dutour.

M\DAME DUTOUR. Moi-même : il y a bien long-tems qu'on ne vous a vu. Dire que monsieur n'entrerait pas dans mon magasin , quand il passe rue aux Ours.

MONVAL , souriant. Mais c'est que je ne passe jamais rue aux Ours.

CHARLOTTE. Monsieur de Monval, mon mari est sorti ; vous auriez peut-être désiré le voir .''

MXDAME DUTOUR. C'est joli , monsieur, d'oublier ses anciennes connaissances. Ah , je VOIS ce que c'est : vous êtes surpris de me trouver dans cette belle hôtel ^... mais puisque je suis sa parente.

MONVAL, souriant. La parente de l'hôtel.' Je sais que vous êtes la cousine de madame , et croyez que mes égaras...

MADAME DUTOUR. Qu'est-ce quc c'est

que toutes ces siinagrées-là ? Est-ce que vous avez oubli»'- nos parties de campagne avec Faiiiiy et Malviiia ?

MOWAL, embarnissé. Je n'ai rien oublié, je vous assure.

5IAD AME DUTOUR. Cette pauvre Malvina!

elle a eu une inclination niallieureuse ; elle a voulu se périr elle était si sentimentale... Fanny se porte toujours bien... Ma cousine les a bien connues aussi.

CHARLOTTE , à part. Je suis au supplice.

PIERRE. Madame Dutour !...

MADVME DUTOUR. Qu'est-ce que vous faites donc, ma cousine? Voilà qui est soigné... mais c'est mal de ne pas prendre tous ces articles-là chez moi ; vous auriez meilleur marché , et tout aussi bien établi.

CHARLOTTE , aoec impatience. C'est mon mari

MADVME DUTOUR. Il faut lui dire d'acheter à la maison : il vaut mieux que les profits soient dans la poche de sa cousine que dans celle d'une éuangère.

CHARLOTTE , à part. Qu'elle me fait

soufYrir !

PIERRE, à part. Pauvre femme... venons à son secours. [Haut.) Père Bertrand, puisque madame la comtesse a la bonté de se charger de ma lettre , si vous voulez venir avec moi , je vous la remettrai.

BERTRAND. Tu as raison , Pierre, il ne faiU pas perdre de tems.

PiEHRE. Madame Dutour, si vous sortez, je vous offre mon bras.

M \D \Mi; DUTOt R. Ah ! je vous remercie, et je profiter.ii de votre offre ; je vas terminer une affaire , comnic je vous l'ai dit, ma cousine , et je serai ici dans une heure au pins tard. Je verrai donc ce qu'on ap-

F elle la bonne compagnie. C'est sans doute endroit où l'on s'amuse le mieux?

MOWAL. C'est celui où l'on s'ennuie de meillcme grâce.

MADAME DUTOUR. Allons, Pierre, donnez-moi votre bras.

BF.RTR XND. A fcvoir , ina fille ; je reviendrai l'ap|»orUi- la lettre.

CHARLOTTE. A bientôt , mon père.

MADVME DUTOUR. Sans rancune, monsieur de Monval. A tout à l'heure, cousine.

l'iERHB. Recevez tous mes remerciemens.

madame la comtesse.

CHARLOTTE. Adieu , Piertre : nous no^

re\^errons. , . / Mpo'i

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