‹ [Magasin théâtralChapitre 515 sur 1545 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les IMêmes , IVIADAME DUTOUR.

MADAME DUTOUR. Pardon, messieurs, je croyais trouver ici ma cousine , et je vous d ranjje ; mais, au reste, il ne faut pas vous fâcher , monsieur le comte , ce sera la dernière fois , puisque Charlotte va quitter aujourd'hui la maison avec moi pour n'y plus revenir.

MOWAL. Que dites-vous? n'y plus revenir.

MADAME DUTOUR. Ah I VOUS ne Connaissez pas la conduite de monsieur? vous ne savez pas que tout est fini , et qu'il a signt' ce matin l'acte de séparation ?

MONVAL. Arthur... serait-il possible?

tu te séparerais de Charlotte ?

LE COMTE. Tout se fait d'un commun accord ; ce mariage fut une folie de jeunesse ; il a fait son malheur et le mien : nous l'avons senti tous deux. Lne loi nécessaire et désirée viendra bientôt sans doute nous rendre notre liberté tout entière , et chacun de nous alors pourra se choisir un avenir meilleur.

MADAME DUTOUR. Et certes, SI le divorce est rétabli, ma cousine ne manquera pas de prétendans , j'en connais.

LE COMTE. Comment?

MADAME DUTOUR. Oui, j'en connais Qu'y a-t-il d'étonnant à cela?

LE COMTE. C'est qu'il me semble que vous attachiez vos regards sur Monval, et, si je ne savais quelle passion il a dans le cœur, je pourrais croire..

MOWAL. Quel que soit le sentiment qui veille dans mon ame , sachez au moins que jamais l'amour le plus violent ne me ferait uahir les devoirs de l'amitié, et que la liberté seule de celle que j'aime pourrait m'engager à rompre le silence que je m'étais imposé.

LE COMTE , pensif. Sa liberté I

MOWAL. Adieu, Arthur! {A part.) Ils se séparent !...

Page 1