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SCÈNE IX

Mme DUPLESSIS, LAVIGNAN.

Mme DUPLESSIS, se posant devant la porte.

Un moment!

LAVIGNAN.

De quoi?

Mme DUPLESSIS,

Je suis madame Duplessis.

LAVIGNAN, reculant avec épouvante.

Madame Duplessis!

Mme DUPLESSIS.

Oui, je suis madame Duplessis.

Ce n'est pas possible I

Mme DUPLESSIS.

Gomment, ce n'est pas possible?

LAVIGNAN.

D'ailleurs, il y a plus d'un âne à la foire qui s'appelle...

Mme DUPLESSIS,

Madame Duplessis, eu personne.

LAVIGNAN.

Veuve Duplessis, de Monlbéliard.

M^e DUPLESSIS.

De Monlbéliard.

LAVIGNAN.

Veuve du chevalier...

Mine DUPLESSIS.

Duplessis...

LAVIGNAN.

Et mère de Coruélie?

Mme DUPLESSIS,

En voilà un qui sait son affaire.

LAVIGNAN, à part.

La belle-mère!... Quelle tuile... Je me sens évanouir, je m'en vais...

Mme DUPLESSIS.

Un insluiil. Ah ! vous ne m'échapperez pas maintenant... je crie par dessus les toits.

EULALIE PONTOIS

LIVIGNAN, à part.

Elle crierait par dessus l'obélisque. Gagnons au moins vingt-quatre heures... le temps de déménager.

M^e DLPLESSIS.

Eh bien! monsieur Dubois?

LAVIGX.VN.

Eh bien ! oui , madame Dupicssis! Je ne veux pas dissimuler, et puisque nous nous sommes rencontrés, tout peut s'arranger.

M"= DIIPLESSIS.

Jamais!... M'avoir abandonnée, m'avoir ravi ma fille.

LAVIGNAN,

Que voulez-vous? les circonstances, l'éloignement.

M"»» DUPLESSIS

Et dire que ma fille ne m'a jamais écrit... pas écrit une seule ligne.

LAVIGNAN.

C'est qu'elle s'imagine que vous n'auriez pas sa...

Mœe DUPLESSIS.

Est-ce que le maître d'école n'était pas là?

LAVIGNAN.

Mais c'est peut-être... parce que le maître d'école ne lui avait pas appris à elle-même... Mais ne parlons plus de tout ça... Vous verrez votre fille, madame Duplessis...

Mme DUPLESSIS.

Vrai!

LAVIGXAX.

Vous la verrez; vous l'embrasserez bientôt.

M'"^ DUPLESSIS

Vrai ! vrai !

LAVIGNAN.

Et elle aura bien soin de vous; et il ne vous manquera plus rien.

mme DUPLESSIS, vivement.

Ah! c'est pas pour ça!... c'est pour la voir!... c'est pour l'embrasser!... car ici je ne manque plus de rien!

LàVIGNAN.

Eh bien , c'est pour cela qu'il ne faut pas , par une indiscrétion , conipromellrc cette bonne position.

Mme DUPLESSIS.

Vous ne voulez pas que je dise que vous <^tes mon gendre? Tu renies ta belle mûre !

LAVIGNAN.

Pour aujourd'hui seulement. Je vous expliquerai tout cela. Vous voyez que je suis obligé de rejoindre la société; mais ce soir, avant de partir, nous conviendrons de nos faits.

M°" DUPLESSIS

Et je reverrai bientôt ma fille?

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