ACTE II, SCENE XI
Et qui vous l'a remise, cette lettre?
GAGEROT.
Un de vos gens... Mais voyez donc le postscriptum ! (Il reprend la lettre et lit ) « Il est surtout » essentiel que M. Gagerot reçoive à l'instant » même , de la bouche du porteur, quelques ex- » plications qu'il devra communiquer à M'^^ de » Changiron , et que l'on ne peut conOer au n papier. »
Et qu'avez-vous répondu?
GAGEROT.
Rien encore ; votre domestique attend cette réponse : mais comme il est parlé d'explications que je devrai vous communiquer après, j'aime autant vous les communiquer avant.
Gomment , avant de les avoir entendues vousmême?
GAGEROT.
Tenez, monsieur de Changiron, je vous aime, et monsieur votre père me faisait l'honneur de m'estimer; mais si j'ai bien observé, si je ne me trompe pas, M™e de Changiron n'est pas heureuse...
Monsieur Gagerot !
GAGEROT.
J'ai tort... Et c'est précisément parce que je ne veux pas être mêlé à tout cela que je vous remets celte lettre : il s'agit, je le crois, de quelque affaire de femme, et...
En ce cas, je vous prie de rester, et vous verrez combien vos soupçons sont injustes.
GAGEROT.
Je veux le croire; mais quoi qu'il en puisse être... puisque je ne devais être que l'intermédiaire des révélations qu'on m'annonce... je préfère les ignorer.
Soit ! (Il sonne.) Faites entrer la personne qui a apporté cette lettre.
GAGEROT.
Je vous laisse.
Retournez donc près de ces dames, et excusez mon absence, je vous prie... Adieu. (Seul un moment.) Oui, ceci est étrange; et, quoi que ce soit, je préfère aussi être seul dans une confidence où le nom de M™^ de Changiron peut se trouver mêlé.