‹ [Magasin théâtralChapitre 590 sur 1545 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

VAUDRILLAN, seul, assis.

Ce sera une excellente spéculation... Oui... oui, j'aurai toute cette succession. Voih'i déjà Paul Vermoiid dans l'obligulion de vendre la terre de Soubiran pour faire face à ses folies... Il ne se doute pas que j'ai déjà pris pour quatre cent mille francs d'hypothèques sur lu lenc... Elle vaut un million, et avec cent mille francs comptant de plus, je l'aurai .. Ce Paul... il ne résiste pus ii l'aspect d'nn paquet de billets de banque... ça lui monic f» la léle... Et puis, il se doule bien que je le liens et que si je voulais tout dire... (Il se lt»c cl pose la lumiùrc sur la cheminée à gauche.) Jamais je n'ai vu une plus belle terre, et c'est pitié de penser ce qu'elle deviendrait si elle restait dans les mains de ce débauché... Heureusement qu'ù côté de ces mauvais sujets il y a des hommes d'ordre et de probité .. Je ferai démolir le château, je vendrai les plombs... je ferai couper les bois, je morcellerai les terres, et j'en tirerai douze teni mille francs... ce sera une bonne action... (la pcntlulc sonne.) Onze heures

et demie... il ne viendra plus personne ce soir... il faut fermer partout... (Il ferme.) Ah! je le leur donne en mille, à messieurs les voleurs, de forcer des volets comme ceux-là .. et des portes comme celles-ci... Et puis (Il pose une paire de pistolets sur sa cheminée.) voilà de quoi répondre aux curieux... d'ailleurs... (On frappe.) Encore quelqu'un... Non, il est trop lard... (On entend derrière la porte des coups marqués.) Qu'est-ce que c'est que ça?... le signal de salut... Au diable!

VOIX au dehors.

VAUDRILLAN.

C'esl la voix de Denneville... Pourquoi est-il revenu ici .. c'est une sangsue... Il va me demander de l'argent... Il ne me faudrait pas deux gaillards comme en pour me ruiner... (Un nouveau cri.) Non, je n'ouvrirai pas... (On frappe avec violence.) Oh I l'enragé ! il serait capable de faire une esclandre... Eh bien... soit... il y a long-temps que celle idée m'est venue... (Il prend ses pistolets et les met dans sa poche.) Il est homme à me vendre pour quelques écus... Tant pis pour lui... S'il veut entrer... nous verrons bieul

(Il va à la porte, l'ouvre cl veut la repousser.)

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