SCÈNE V
TORCY, GAGEROT, la COMTESSE, CAMILLE.
GAGEROT, entrant et parlant au fond.
Bien! justement il est seul dans son atelier. TORCY.
M. Ga?erot !...
GAGEROT.
Venez, mesdames; venez!
TORCY, surpris.
La marquise! la comtesse!... (Il s'avance.) Mesdames...
GAGEROT.
Monsieur Torcy, ces dames, qui désirent vous entretenir, m'ont prié de les accompagner... TORCY.
Il suffit... mais, pardon, si je vous demande à quoi je dois attribuer l'honneur d'une visite...
Qui ne vous surprendra plus, monsieur, quand vous en saurez le but.
TORCY
Veuillez donc me le faire connaître.
(Il va pour chercher des sièges.) CAMILLE, s'y opposant.
C'est inutile, monsieur.
LA COMTESSE
Hier, M. de Changirou nous a quittées un instant après vous...
TORCY
Je le sais, madame...
LA COMTESSE
Vous devez savoir où il est allé?
TORCY
Je l'ignore, madame.
CAMILLE, lui montrant une lettre.
Vous l'ignorez?... Vous ignorez donc aussi le contenu de celle lettre?
TORCY, avec surprise.
Celle lettre?...
CAMILLE
Lisez, monsieur.
TORCY
Celte lettre... (Il lit.) « On sait enfin quelle est » la femme qui demeure avec M. Torcy...»
(Il cherche aussitôt à la fin de la lettre.)
Il n'y a pas de signature!
TORCY, lisant.
« Et l'on voudrait le communiquer à M. Gagerot...» (Parlant.) A M. Gagerot.'..
GAGEROT.
Continuez.
TORCY
« C'est surtout comme ami de M^e de Changi- » ron, que M. Gagerot a droit à cette confidence » qui est importante pour elle... » (A Camille.) Pour vous, madame!...
GAGEROT.
Et c'est pourquoi j'ai aussitôt montré celte lettre à M. de Changiron.
CAMILLE
A M. de Changiron, qui, depuis, n'a été vu ni à son hôtel de Paris, ni chez aucun de ses amis, et qui n'a plus reparu.
TORCY', surpris.
Qui n'a plus reparu, dites-vous?
CAMILLE
Et d'après les relations que cette lettre semble dévoiler entre mon mari et la femme qui demeure chez vous...
EUr.ALIE PnVTOIS.
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